L’actualité dans les journaux parus ce lundi reste dominée par le retour de Me Yaovi Agboyibo à la tête du CAR.

C’était un secret de polichinelle. Me Yaovi Agboyibo reprend les rênes du Comité d’Action pour le Renouveau pour les quatre prochaines années. Ainsi en ont décidé les militants du parti des déshérités réunis en congrès samedi dernier.

Outre l’ancien Premier ministre, le comité directeur est composé, entre autres, de Yendouba Kolani, Nador Awokou, Akossiwa Yemey, Yesouwe Blandine, tous quatre vice-présidents. Pour sa part, Jean Kissi conserve son poste de Secrétaire général. Mais le bélier de Kouvé reprend le gouvernail « pour quelle politique ? » s’interroge ‘’Le Correcteur’’.

« Le président fondateur revient pour un travail de redressement et une orientation de la lutte politique comme l’avait souhaité une bonne partie des militants », explique ‘’L’Intégrale’’. « Ce retour du bélier noir sur la scène politique nationale s’apparente à une ultime mission de sauvetage des précieux acquis de le lutte pour la démocratie et le déclic de l’aboutissement des réformes politiques, constitutionnelles et électorales », renchérissent ‘’Temps Nouveaux’’.

Au-delà du come-back d’une personne, c’est surtout celui d’une méthode. Cette méthode pour l’alternance qui a fait flores jadis, « consiste à rencontrer l’adversaire politique pour la recherche de compromis » et à recourir à la pression populaire si besoin est, relève ‘’Nouvelle Opinion’’.

Bref, « il s’agit d’un nouveau départ avec un homme et sa méthode : celle qui privilégie le dialogue avec comme arbitre la population », confirme ‘’Courrier de la République’’ qui assure que la recette est bâtie autour du « triptyque gagnant fer, braises et marteau ». Pour l’hebdomadaire, le fer symbolise la « rigidité » en vue de ne pas perdre certains acquis. Les braises se réfèrent au « peuple » qui, déterminé est invincible et le marteau, symbole des « acteurs politiques qui doivent synchroniser leurs actions à celles de la braise pour donner la forme escomptée et voulue au fer ».

C’est le cas de le dire, le retour de Me Yaovi Agboyibo aux affaires est anathématisé par certains observateurs du landerneau politique togolais qui ne manquent pas d’évoquer l’âge de l’avocat. A 71 ans, réussira-t-il « à faire plus qu’en 1994 où son parti avait remporté 36 sièges sur 81 aux élections législatives, lui qui est fatigué et très affaibli ? Aura-t-il la force, la vision et la stratégie nécessaires pour y parvenir ? » se questionne ‘’La symphonie’’. « On se demande ce que le has been Agboyibo, au soir de sa vie, peut faire pour le Togo et qu’il n’ait pas réussi à faire pendant les longues années qu’il a été aux affaires ? » se demande ‘’Liberté’’.

Tout cela n’est qu’épiphénomène semble dire ‘’L’Intégrale’’. « Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que si Me Agboyibo a accepté cette lourde responsabilité, c’est qu’il aurait vraiment pris le temps de se jauger à fond et évaluer ses potentialités », commente-t-il avant de suggérer de laisser l’avenir situer chacun de nous.

‘’Togomatin’’ lui, donne à avoir un autre son de cloche. A en croire le tabloïd, le retour d’Agboyibo à la tête du CAR repose la problématique du manque de confiance à la jeunesse. « Que ce soit au sein du parti au pouvoir, où l’on fait encore appel aux ‘’vieux’’ pour diriger des institutions de notre pays, ou dans l’opposition, où l’on retrouve les jeunes qu’à la tête des fédérations des jeunes mais jamais à des postes clés, les jeunes ont encore du chemin à parcourir pour mériter la confiance des dirigeants », analyse le bihebdomadaire.

Dans tous les cas, opine ‘’La Symphonie’’, les Togolais attendent « impatiemment » de voir à l’œuvre la nouvelle équipe dirigeante du CAR sur l’échiquier national où se faire une place au soleil n’est pas la moindre des gageures.
Sur un tout autre sujet, ‘’L’Intégrale’’ rappelle que 6 partis politiques ont décidé de coaliser leurs forces pour faire de l’alternance une réalité. Toute chose qui peut passer par les réformes.

Justement, suite au « dilatoire » du pouvoir sur cette question, le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre a à nouveau saisi le président de la République, informe ‘’Le Correcteur’’. Pourquoi le président de l’ANC rejette toute initiative de dialogue et cherche toujours à voir Faure Gnassingbé en face ? se questionne ‘’Nouvelle Opinion’’.

Non content de solliciter une audience auprès du chef de l’Etat, M. Fabre l’enjoint de « rapporter la mise en place de la commission » chargée de réfléchir sur les réformes et recommande de « rechercher avec l’opposition les voies d’un dialogue pour mettre en œuvre l’APG », renseigne ‘’Liberté’’.

Si les réformes sont mises en œuvre avec, à la clé, la limitation du mandat présidentiel, plusieurs candidats pourront être dans les starting blocks.

Comme dauphins potentiels, ‘’Temps Nouveaux’’ citent l’actuel ministre du Développement à la Base, Mme Victoire Dogbé qui a de l’entregent, le détenteur du portefeuille des Affaires Etrangères, Robert Dussey qui peut aussi compter sur son carnet d’adresse assez fourni et l’ex-ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona qui ne serait pas le moins nanti.

A propos du nouveau regroupement, ‘’Le Correcteur’’ pense qu’il faut « solder le passif de l’opposition pour mieux avancer ».

Dans un registre différent, ‘’L’Intégrale’’, s’intéresse à la lutte contre la corruption et la Haute Autorité créée à cet effet. Avec une telle structure, tous ceux qui gardent par devers eux les deniers publics et les prévaricateurs de tous poils doivent commencer par trembler de tous leurs membres, car Faure « Gnassingbé est décidé à en finir avec les pilleurs de la République », indique l’hebdomadaire.

Analyse contraire dans les colonnes de ‘’Temps Nouveaux’’. Le confrère estime que les « pilleurs de la République » sont au contraire sereins, d’autant plus que les détourneurs en chef ne pourront être inquiétés qu’avec la permission du chef de l’Etat. Ce qui ne risque pas d’arriver de si tôt.

Par ailleurs, ‘’La Nouvelle’’ assure que le Togo a été dirigé d’une main de fer par feu Gnassingbé Eyadema qui a « détruit le pays sur tous les plans ». A sa mort, les Togolais ont cru être sortis de l’auberge mais que nenni ! Son fils « jeune et ‘’instruit’’ » qui lui a succédé « semble faire pire » que le père puisqu’avec Faure Gnassingbé, « on vole des milliards comme on vole des bonbons de la grande mère du village ».

En outre, ‘’La Nouvelle’’ évoque une « présence encombrante » de la mère du chef de l’Etat aux voyages présidentiels. « Sabine Eglé-Mensah : « première dame du Togo, ange-gardien de Faure Gnassingbé… ? » écrit le bimensuel qui aborde également le Franc CFA et l’assassinat de Sylvanus Olympio.

La presse du jour s’est aussi intéressée au sommet France-Afrique qui s’est déroulé au Mali. Le chef de l’Etat togolais qui y a pris part a « plaidé pour la synergie des actions pour la paix régionale », rapportent ‘’La Symphonie’’ et ‘’Nouvelle Opinion’’. Au cours de ces assises, la charte de Lomé sur la sécurité maritime a été « saluée », ajoute ‘’Togomatin’’.

Dans le reste de l’actualité, les confrères rappellent que c’est aujourd’hui que le Togo entre en lice face à la Côte-d’Ivoire à la CAN de football au Gabon. Des Eperviers qui ne comptent pas faire de la figuration, mentionnent-ils.

Au surplus, ‘’Le combat du Peuple’’, révèle que « Barry Moussa Barqué et son fils seront concomitamment les prochains propriétaires de Shell Togo avec le sieur Adjakli et son fils ».

Sur la toile, les journaux en ligne commentent le retour de Me Agboyibo à la présidence du CAR et la descente ce lundi des Eperviers dans l’arène de la Coupe d’Afrique des Nations de football.

Le Service de Presse/HAAC

By ouro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *