En marge du sommet France-Afrique organisé au Mali, un journaliste français a approché le président de la République du Togo pour l’interviewer. A la question de savoir quel message il a pour François Hollande qui s’apprête à quitter le pouvoir après un mandat de cinq ans alors que la famille Gnassingbé dirige le Togo depuis 50 ans, Faure Gnassingbé a indiqué au journaliste en question qu’il ne « voit pas le rapport » entre le départ du président Français et la longévité au pouvoir.

Depuis, l’affaire fait grand bruit dans les réseaux sociaux. Pour ‘’Togoréveil’’ ces genres de questions posent une fois de plus le problème de « l’impertinence de certains petits journalistes qui sont à leur première couverture médiatique de grandes rencontres internationales et qui veulent se faire un nom ». « Ce petit journaliste français dont personne ne connait le nom par ici, est-il certain de pouvoir poser la même question à Angela Merkel, adulée par une bonne partie des Allemands et qui veut se positionner cette année pour un quatrième mandat de quatre ans ? » écrit le journal.

Le buzz créé par cette interview « démontre la soif des Togolais à l’alternance et l’impopularité du régime sans cesse croissante », mentionne ‘’L’Alternative’’.

‘’Liberté’’ opine sur le sujet et fait remarquer qu’ « à force de toujours chercher à fuir les médias au Togo, on finit par tomber sur des journalistes plus teigneux ». Et d’ajouter non sans une pointe d’humour : « désormais, il clair que ce n’est pas la faute à ‘’Faure-vi’’ si tous les rapports (incendies, braquage de l’aéroport, tuerie des jeunes filles, HCRRUN etc.) ne sont pas suivis d’effet ; il ne les voit pas… »

C’est une promesse du chef de l’Etat togolais : « rendre plus facile la vie quotidienne des populations pour augmenter la consommation et lutter contre la cherté de la vie ». A en croire ‘’L’Union pour la Patrie’’, le budget 2017 colle très bien à cette vision présidentielle. La loi des finances de cette année a prévu la baisse de la fiscalité de huit points sur les produits de base de l’alimentation comme les pâtes et les huiles alimentaires, le sucre, la farine de céréale, le lait manufacturé et certains produits céréaliers, relève l’hebdomadaire.

La publication ajoute que dans le secteur agricole, « ces allègements fiscaux » ont été également appliqués aux aliments pour le bétail et la volaille ainsi qu’au matériel agricole. Idem pour le secteur de l’éducation où les taxes sur les tissus kaki sont réduites et pour le secteur privé dont le taux d’impôts sur les sociétés est abaissé de 1%.

L’autre cap fixé par Faure Gnassingbé reste la décentralisation et surtout la lutte contre la corruption.

Le 2è Conseil des ministres de l’année a planché dessus, rappelle ‘’Togoréveil’’ qui assure que l’heure des « actes » a sonné. Selon le confrère, les plus hautes autorités du pays exigent l’audit général des structures de gestion des ressources financières de toute l’administration togolaise. Sur ce point, tous ceux qui se seraient rendus coupables de malversations seront poursuivis et devront rendre gorge.

En ce qui concerne la décentralisation, il a été décidé la création, l’organisation et le fonctionnement du Conseil National de suivi dédié à cette thématique.

‘’L’Alternative’’ revient sur la lutte contre la corruption et révèle que c’est justement « le critère qui a fait recaler le Togo » au programme Compact du Millenium Challenge Account. Toute chose qui, d’après le bihebdomadaire, justifie la mise sur pied « dans la précipitation » de la commission de lutte contre la corruption. « Va-t-elle servir à quelque chose ? Pas évident lorsqu’on sait que les auteurs de la grande corruption qui mettent à mal le pays se trouvent au sommet même de l’Etat », commente le tabloïd.

En économie, ‘’L’Union pour la Patrie’’ informe que le Fonds Monétaire International (FMI) et le Togo ont signé mercredi dernier un « accord de financement de 137 milliards de FCFA à un taux concessionnel de 0% excluant toute commission ». Cet engagement a une durée de dix ans avec un moratoire de cinq ans et sera exécuté en sept tranches, précise le bihebdomadaire qui ajoute que « la première tranche interviendra après approbation en avril prochain du conseil d’administration du FMI ». Le Togo « projette de ramener son taux d’endettement à 52, 8% en 2021 » renseigne le journal. ‘’Le Canard Indépendant’’ précise que le montant servira à « la gestion de la dette publique » du Togo.

‘’Liberté’’ qui s’intéresse au sujet parle de 119 millions de FCFA mais souligne que cet accord préalable entre le Togo et cette institution de Bretton Woods « est loin d’être du pain béni », dans la mesure où les finances du pays ne pourront plus être « gérées comme avant, selon les humeurs des uns et des autres ». En un mot comme en mille, le quotidien privé, explique qu’avec ce deal, il sera désormais question de la « reddition des comptes » dans l’économie togolaise.

Avec le nouveau programme Togo-FMI, va-t-on « vers la lucidité dans les dépenses publiques ? » s’interroge ‘’L’Alternative’’ qui signale que « ‘’les réformes clés’’ » et des « ‘’efforts constants et résolus sont attendus du Togo’’ ».

Par ailleurs, les publications du jour rappellent que Jean-Pierre Fabre demande une nouvelle fois à rencontrer le chef de l’Etat pour échanger avec lui sur la question des réformes. Cela « rime à la plaisanterie », indique ‘’ Togoréveil’’. Pour le confrère, l’initiative du chef de file de l’opposition est une « perte de temps » dans la mesure où la commission de réflexion doit se mettre au travail et faire des propositions de réformes qui conviennent au pays.

Cette requête du président de l’ANC est « inopportune », renchérit ‘’Le Canard Indépendant’’ qui mentionne qu’il sera « difficile » qu’elle aboutisse.

‘’La Lanterne’’ elle, s’attarde sur l’opposition togolaise dans son ensemble et observe qu’elle est « minée par la division, l’envie et la félonie à outrance ». Ce qui a pour conséquence de retarder l’alternance attendue par une bonne partie des populations togolaises. L’hebdomadaire évoque également les travaux sur la route Lomé-Vogan-Anfoin. Il estime que le ministre des Infrastructures et des Transports doit à nouveau être « interpellé » par les députés devant lesquels il avait annoncé que ce tronçon devrait être opérationnel avant la fin de l’année écoulée. Mais pas seulement. Le journal pense que CECO groupe qui était chargé d’exécuter les travaux doit « restituer l’argent indûment touché ».

En outre, les confrères se font l’écho de l’installation mercredi dernier d’un « groupe de travail sur le secteur de l’éducation » à l’effet de réfléchir et trouver des solutions aux problèmes rencontrés. S’achemine-t-on « vers la fin définitive des crises récurrentes dans le monde éducatif au Togo ? » se demande ‘’La Lanterne’’ qui émet des doutes sur les résultats auxquels peut aboutir la nouvelle structure.

En tous cas, ‘’Liberté’’ pense qu’avec la mise sur pied de ce groupe de travail, il y a « risque pour les revendications des enseignants d’être noyées dans les discussions ». Des enseignants dont la « préoccupation » est bien de trouver des « solutions à leurs problèmes » et « pas forcément de participer aux discussions ». Alors, à quand la fin des tensions ? se questionne ‘’Le Canard Indépendant’’. Quant à ‘’La Lanterne’’, elle suggère au nouveau cadre d’être « sincère et de proposer des pistes de solutions viables et durables ».

Dans un tout autre registre, ‘’Liberté’’ évoque l’indemnisation des victimes des violences de 2005 et note que 1/20è seulement du budget a été accordé au Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN). Avec cet état de fait, « il est permis de mettre en doute la supposée volonté de Faure Gnassingbé de vraiment réconcilier les victimes et leurs bourreaux, les Togolais dans leur ensemble », analyse le journal.

Dans le reste de l’actualité telle que traitée par la presse du jour, les confrères informent que les Eperviers du Togo redescendent ce soir dans l’arène de la Coupe d’Afrique des Nations de Football. Ils seront face aux Lions de l’Atlas du Maroc pour confirmer leur belle prestation de lundi dernier contre les Eléphants de Côte-d’Ivoire.
Au surplus, les journaux parus ce vendredi questionnent le retour de Me Yaovi Agboyibo à la tête du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Un come-back « pour quels résultats ? » s’interrogent-ils.

Aussi, consacrent-ils quelques colonnes à la crise gambienne marquée par l’investiture hier du président élu Adama Barrow et les dernières tractations pour convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir après l’expiration de son mandat. « Les pressions internes et externes seront désormais de plus en plus fortes sur le chef de l’Etat togolais et les siens », explique ‘’L’Alternative’’ qui ajoute qu’ « après Jammeh, ce sera forcément son compagnon Faure Gnassingbé ».

Sur la toile, la deuxième sortie de l’équipe nationale du Togo à la 31è CAN au Gabon fait la une des médias en ligne. Pour sa part, le site web ‘’27avril.com’’ reprend un article de ‘’Le Rendez-vous’’ et se demande « qui de Faure Gnassingbé ou de Pitang Tchalla ferme le groupe ‘’Sud Média’’ ».

Le Service de Presse/HAAC

By ouro

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