A la une des journaux parus ce lundi, le dénouement de la crise gambienne avec le départ de Yahya Jammeh.

Happy end de la crise gambienne, peut-t-on dire. En effet, après s’être rétracté et avoir introduit un recours pour un nouveau décompte des voix et menaçant de ne pas quitter le pouvoir, malgré plusieurs missions de médiation, l’ancien président Gambien a finalement libéré le plancher samedi dernier.

Ce départ est intervenu après 48h d’ « ultime médiation incertaine et tendue » menée par les présidents mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et guinéen Alpha Condé, précise ‘’Golfe Info’’ qui donne à lire le fil des évènements marquant les derniers instants de M. Jammeh sur le territoire gambien avant son départ en exil en Guinée Equatoriale.

‘’Le Combat du Peuple’’ ne cache pas son soulagement de voir partir celui qui a dirigé la Gambie pendant 22 ans. « Ouf, le satrape Yahya Jammey a courbé l’échine », lâche l’hebdomadaire. Jean-Baptiste Placca, chroniqueur à RFI parle lui de « délivrance » dans sa chronique publiée dans ‘’Liberté’’ et ‘’Le Correcteur’’.

C’est le cas de le dire, l’ex-président gambien avait pourtant concédé sa défaite et avait même félicité son adversaire aujourd’hui président, Adama Barrow avant de se rebiffer. Certains analystes ont expliqué cette posture par des déclarations qualifiées de ‘’maladroites’’ du président élu à l’endroit de Yahya Jammeh qu’il a menacé de poursuites. La CEDEAO a pris au sérieux l’affaire et a négocié un accord qui rassure le président sortant, lequel a donc accepté de céder le gouvernail.

‘’Courrier de la République’’ s’intéresse à cet accord et en ressort les grandes lignes. A en croire l’hebdomadaire, le document élaboré par l’organisation communautaire accorde à M. Jammeh le statut d’ancien président avec les avantages y afférents et garantit sa sécurité personnelle ainsi que la protection de sa famille, ses collaborateurs et de ses biens. De même, celui-ci est libre de revenir en Gambie dès qu’il le souhaite.

Cependant, la CEDEAO, ajoute le confrère, explique que les garanties de sécurité ne doivent pas être interprétées comme une « amnistie » pour l’ancien président qui peut éventuellement être la cible de plaintes.

« Vive Yahya Jammeh », lance ‘’La Voix du Peuple’’ qui présente le président sortant comme un « démocrate patriote ». Et le journal de s’en prendre à la CEDEAO lui reprochant notamment d’avoir fait fi de la réclamation du principal challenger d’Adama Barrow et surtout envisagé l’option militaire pour résoudre la crise.

Rappelant que, entre autres, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 34 ans au pouvoir, José Eduardo dos Santos, 32 ans, Robert Mugabé, 31 ans à la tête du Zimbabwé, Paul Biya 29 ans de magistère exercent les plus hautes charges dans leurs pays respectifs depuis longtemps, le tabloïd interroge les dirigeants africains : « Pourquoi n’avez-vous pas bombardé ces pays et chassé ces tyrans du pouvoir pour imposer la démocratie que vous voulez imposer à la Gambie ? Pourquoi le Nigéria ne veut-il pas concentrer son arsenal de guerre pour ramener les 165 filles de Tchibok et neutraliser Boko Haram qui a déjà fait plus de 5000 morts en 2014 ? »

« Chers présidents et traites africains, pourquoi donc briser un pays cité en exemple pour sa qualité de gestion, un pays qui a su mettre son peuple au travail pour un avenir meilleur ? » insiste la publication qui fait observer que la communauté africaine est « manipulée » par les pays occidentaux.

« Quel sera l’avenir de l’ex-président sur le sol équato-guinéen ? » se demande ‘’Nouvelle Opinion’’.

‘’Liberté’’ offre à écouter un autre son de cloche. Selon le quotidien privé, le cas de Yahaya Jammeh réglé, le « cap » devrait être mis « sur Faure Gnassingbé et le Togo seul pays qui ne connait pas l’alternance et qui est une poche de résistance à la démocratie » dans l’espace CEDEAO. Par ailleurs, le journal mentionne qu’il y a « confusion autour de la participation du Togo à l’opération militaire en Gambie » qui a été mise en place pour intervenir au cas où Jammet restait inflexible. Analyse similaire dans ‘’Le Correcteur’’.

‘’La Voix du Peuple’’ évoque les télécommunications et précisément la téléphonie mobile. L’hebdomadaire note que le Burkina-Faso et le Niger, « deux pays pauvres ont des coûts téléphoniques meilleurs » que ceux du Togo. La « révolution n’est pas pour demain » dans ce secteur, renchérit ‘’Golfe Info’’.

La réponse « je ne vois pas le rapport » de Faure Gnassingbé à un journaliste français qui tentait de faire un lien entre le départ de François Hollande du pouvoir au bout de 5 ans et la gestion des affaires de l’Etat par la famille Gnassingbé depuis 50 ans, ‘’Le Combat du peuple’’ en parle dans ses colonnes.

Le journal explique que cette réplique est la preuve que le chef de l’Etat est « incollable ». Le tabloïd croit savoir que la réponse du président de la République « inattendue a déstabilisé le journaliste intervieweur en mal de sensation forte qui pose des questions stupides ». Autre commentaire : « nous pensons qu’il est temps qu’une certaine presse de caniveau cesse d’établir un lien de causalité entre le régime Eyadema et celui de Faure ».

En outre, ‘’Liberté’’, signale une « descente aux enfers » pour le directeur général de CECO-BTP, Constantin Amouzou. D’après elle, 800 employés de cette entreprise ont été « licenciés la semaine dernière pour ‘’motif économique’’ ».

Sur un tout autre sujet, ‘’Togo-Presse’’ et ‘’Nouvelle Opinion’’ informent de ce que le chef de l’Etat a inauguré samedi dernier une unité de transformation de Soja et d’arachide dans la région centrale. Le président Faure en a profité pour assister à la fête traditionnelle des natifs du Tchaoudjo.

‘’Le Correcteur’’ et ‘’Liberté’’ rapportent que le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) dénonce « l’ethnie dans la politique au Togo ». « Préférer l’ethnie en politique peut conduire à la médiocrité », soutient le premier responsable du parti, le Prof. Wolou Komi.

En sport, la presse du jour revient sur la dernière sortie de l’équipe nationale de football du Togo à la Coupe d’Afrique des Nations. La rencontre s’est soldée par une défaite des Eperviers 3-1 contre les Lions de l’Atlas du Maroc. Toute chose qui soumet les Togolais au « calcul de probabilité » pour espérer accéder au tour suivant, indique-t-elle. Pour sa part, ‘’Courrier de la République’’ s’attarde sur ce match et pointe du doigt « un coach sclérosé, des choix du pire et un système hasardeux ».

Certains supporters ont vite fait d’engager la responsabilité d’Agassa Kossi sur cette défaite. Ils ont tenté de saccager le domicile du portier togolais à Lomé mais ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre. Le comportement est condamné par le ‘’Le Combat du Peuple’’.

Dans le reste de l’actualité, les confrères se sont intéressés au retour de Me Yaovi Agboyibo et la valeur ajoutée de ce come-back.

Le Service de Presse/HAAC

By ouro

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