L’actualité telle que traitée par les journaux parus ce mardi reste dominée par le retrait des fréquences radioélectriques à LCF et City Fm.
« La HAAC passe à l’action » et notifie le retrait des fréquences de LCF et City Fm au groupe Sud Media, informe ‘’Forum de la Semaine’’.
“ça se corse!”, constate “Le Médium” qui se fait l’écho des courriers de notification de la décision de la HAAC aux médias concernés et de Zeus Aziadouvo à la Cour Suprême.
« Contre vents et marées », Pitang Tchalla a pris « sa décision », celle de fermer LCF et City Fm, relève ‘’L’Indépendant Express’’ qui note que ce ne sont pourtant pas les initiatives pour éviter d’en arriver là qui ont manqué. « Ni les appels du PPT, ni les démarches du CONAPP pour éviter l’exécution du projet, ni les cris de détresse de l’URATEL ou du SYNJIT, ni les appels des organisations de la Société civile, ni les dénonciations des partis d’opposition » n’ont réussi à infléchir la position du président de la HAAC, « seul contre tous », écrit l’hebdomadaire.
Pour la publication, le courrier de la HAAC portant notification du retrait des fréquences aux deux organes « vient ainsi sonner le glas de la liberté de presse chèrement acquise depuis des années au prix de sang par le peuple togolais ».
Selon les confrères, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette décision de retrait de fréquences ne fait pas l’unanimité au sein de l’instance de régulation. « Cette décision de procéder au retrait des fréquences aurait été prise par Pitang Tchalla sans concertation avec les autres membres de la HAAC », indique ‘’Liberté’’. Toute chose, ajoute le quotidien privé, qui est « contraire aux textes régissant le fonctionnement de ladite institution ».
C’est donc « pour éviter que la force ne prime sur le droit » qu’un membre de la HAAC saisit la Cour Suprême, « désavouant » ainsi Pitang Tchalla, écrit le journal.
Pitang Tchalla « ferme » LCF et City Fm, Zeus Aziadouvo saisit la Cour Suprême, renchérit ‘’L’Alternative’’ qui présente l’ancien membre de la HAAC et aujourd’hui Conseiller du président de cette institution « recruté à l’insu des autres membres », Sodja Sallah comme « l’intrus, ou le retraité mercenaire en mission barbouze » pour les « basses besognes » de Pitang Tchalla. A l’en croire, le président de la Haute Autorité et son Conseiller « forment un tandem obscur, un axe qui menacent dangereusement la liberté de presse » au Togo.
Se faisant, ce tandem devient non seulement « l’ennemi de la liberté de presse au Togo » mais aussi « un danger pour la stabilité de l’institution », mentionne le bihebdomadaire.
L’actuel membre de la Haute Autorité et par ailleurs, président du Comité technique Presse Ecrite, Zeus Aziadouvo a envoyé une correspondance à la Cour Suprême pour expliquer « les contours » de cette fermeture.
« Aucune décision n’a été prise en plénière par l’institution de régulation » allant dans le sens de la fermeture et « contrairement aux informations qui circulent, les dossiers déposés par les responsables de LCF et City Fm en 2012 et 2015 sont à la HAAC et ont été étudiés », renseigne le courrier. Aussi, dans sa missive, M. Aziadouvo relève-t-il que la posture actuelle de la HAAC « ne concorde pas avec son rôle qui est de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse ».
Dans la même veine, ‘’Togobreakingnews’’, un media en ligne, note que si la « fermeture » des deux organes est l’œuvre du président de la HAAC, un membre de cette institution « ne s’associe pas à cette entreprise et bat en brèche tous les arguments avancés par Pitang Tchalla pour soutenir la forfaiture ».
« Zeus Komi Aziadouvo, membre de la HAAC fait dissidence. Il déculotte Pitang Tchalla (…) voilà un exemple d’intégrité », commentent ‘’27avril.com’’ et ‘’Togotribune.com’’. ‘’Icilomé.com’’, ‘’Togotopnews’’ et ‘’Savoirnews.com’’ se sont aussi intéressés au sujet.
‘’Ebene-radio.com’’ elle, parle de « crise ». Crise « avec en toile de fond la fermeture » des deux médias sus-évoqués. Le portail web fait observer que « tous les membres de la HAAC n’ont pas la même définition de la mission que leur a confié la constitution ». C’est ainsi qu’il y a la Haute Autorité, poursuit-il, ceux qui veulent fermer LCF et City Fm et ceux qui s’y opposent.
‘’L’Agence Société Civile Média’’ renseigne que les deux stations ont décidé de faire appel, après avoir reçu hier après-midi une correspondance de la Haute Autorité. En attendant, elles ont décidé de suspendre leurs programmes. « Mais jusque quand ? » se questionne le média en ligne qui se demande si LCF et City Fm ne vont pas « subir le même sort que X-Solaire et Légende Fm ».
Les épithètes ne manquent pas non plus. D’aucuns parlent de diktat, d’autres de règlement de compte. Pour le Professeur Cyr Adomayakpor, intervenant ce matin sur Taxi Fm, la fermeture de LCF et de City Fm est un « assassinat social ».
Le retrait des fréquences aux deux organes acté, les réactions se succèdent.
« Les professionnels de la presse dénoncent une mesure inique », signale ‘’Afreepress’’.
Dans un communiqué conjoint, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP), et l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) « condamnent » cette décision de la HAAC qui, selon eux, « réduit l’espace de liberté et porte atteinte à la pluralité ainsi qu’à la diversité du paysage médiatique togolais ». Les trois organisations « dénoncent une mesure qui ne prend pas en compte non plus, la situation de plusieurs dizaines de confrères qui se retrouvent ainsi au chômage ».
En outre, l’OTM, le CONAPP et l’UJIT « interpellent la HAAC pour que cette décision soit rapportée sans délai, afin que de vraies négociations s’ouvrent avec la LCF et City Fm en vue de la régularisation de leur situation ».
Pour sa part, Amnesty International, par le biais d’un de ses chercheurs sur l’Afrique de l’Ouest francophone, François Patuel, estime que « ce retrait unilatéral des fréquences radioélectriques constitue une sanction disproportionnellement lourde au vu des faits reprochés et marque une nouvelle attaque contre la liberté d’expression au Togo ». Pour lui, le retrait des fréquences est une « mesure exceptionnelle qui ne devrait être prise qu’en cas de manquement grave à la loi ».
Le Parti des Togolais a également pris sa plume. A travers un communiqué, il demande la « suspension » de la décision de la HAAC dont les « contours sont flous ». Au surplus, la formation politique pense que la HAAC s’est « rendue coupable d’une contre-vérité affligeante » en soutenant à sa conférence de presse qu’elle « n’a jamais eu connaissance d’un dossier » du groupe Sud Media.
De son côté, ‘’L’Agence Société Civile Média’’ rapporte qu’après le Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH), la Solidarité Planétaire Branche Togo (SPBT) et Action SUD (Solidarité d’Urgence et Développement), le Mouvement Martin Luther King (MMLK) est « monté au créneau ». Le MMLK de Pasteur Edoh Komi qui a envoyé un courrier au Directeur de l’ART&P, demande à ce dernier de « situer l’opinion sur sa responsabilité dans cette affaire ».
Pendant ce temps, une pétition a été lancée, explique-t-on, pour dire non à cette fermeture « arbitraire » de LCF et City Fm. Certains appellent à un boycott des médias publics en réponse à cette décision de retrait des fréquences.
D’autres suggèrent d’organiser une marche de protestation avec pour chute la devanture de la HAAC. L’on annonce pour cet après-midi une conférence de presse des organisations de la société civile au siège de la Ligue des Consommateurs du Togo à l’effet de « lancer les stratégies de mobilisation populaire pour s’opposer aux graves atteintes aux libertés d’expression par la HAAC ».
Dans un tout autre registre, les confrères informent que la Coordination des Syndicats de l’Education au Togo a décidé de suspendre ses mots d’ordre de grève en vue de donner le temps au groupe de Travail pour plancher sur les maux qui minent le secteur de l’Education au Togo.
‘’L’Alternative’’ évoque les « leçons à tirer de l’armée de Ouaga à Banjul » et s’interroge : « Faure navigue-t-il sur un volcan pour un quatrième mandat ? »
Quant à ‘’Liberté’’ elle relève la « nécessité pour la diaspora togolaise de s’impliquer dans la vie politique et les échéances électorales » dans le pays.
En sport, ‘’L’Equipe sportive’’ commet un dossier sur la CAN 2017 qui s’est achevée dimanche dernier. Elle y mentionne les « déceptions, surprises et révélations ». Elle n’oublie pas faire part de ses « coups de cœur et de gueule ».
Et puis, ‘’L’Indépendant Express’’ s’attarde sur la Fédération Togolaise de Football dirigée par le Colonel Guy Akpovi. « Première sortie et premier échec », écrit l’hebdomadaire qui pense qu’avec M. Akpovi, la « gestion » de la participation à la CAN a « changé » mais dans le mauvais sens. Elle est « pire qu’en 2013 », insiste le journal.
Le Service de Presse/HAAC