Dans leur livraison du jour, les publications commentent le retrait des fréquences à LCF et City Fm.

Le personnel des deux organes veut se faire entendre. Non pas au travers de leurs médias employeurs qui a cessé d’émettre depuis lundi dernier. Mais à l’occasion d’un point de presse auquel il a convié la presse togolaise et internationale ce mercredi. Selon l’’’Agence Société Civile Média’’, cette rencontre « vise à informer l’opinion sur les actions à mener face à la décision de retrait de fréquence prise par la HAAC ».

Depuis la notification de ce retrait des fréquences, l’on enregistre une « pluie de condamnation et d’indignation », relève ‘’Forum de la Semaine’’. L’OTM, le CONAPP, l’UJIT, le SYNJIT, l’URATEL, au titre des organisations de presse, et l’ANC, le Parti des Togolais, la CDPA pour ce qui est des formations politiques. Mais pas seulement. Après Amnesty International et le Mouvement Martin Luther King, en ce qui concerne la Société civile, une douzaine d’autres organisations de cette même Société était face à la presse hier pour « s’indigner » de la décision de la Haute Autorité.

Ce collectif composé, entre autres, de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) et du Mouvement Nubuéké invite le monde des médias à observer des « journées sans informations », rapporte ‘’echowebafrique’’. Préoccupées par la « fermeture unilatérale et d’une façon précambrienne » des deux stations, ces organisations non seulement, la « dénoncent » et la « condamnent », mais aussi « appellent les populations, les journalistes, les forces vives de la nation, y compris les forces de défense et de sécurité, à une marche pacifique ».

Ladite marche qui se fera en deux temps, d’abord les 14, 15 et 16 février et ensuite les 21, 22 et 23 février partira du siège de LCF pour chuter à celui de la HAAC.

La décision de retrait des fréquences « divise les membres de la HAAC » pendant que les organisations de presse la « condamnent », mentionne ‘’Le Libéral’’. Cette condamnation est « unanime » aussi bien dans les rangs des associations de la presse que celles de défense des Droits de l’Homme, précise ‘’Dounia le Monde’’. Le communiqué conjoint de l’OTM, du CONAPP et de l’UJIT est également publié dans les colonnes de ‘’Le Messager’’.

« Quelle station sera la prochaine cible à se trouver dans le viseur de Pitang Tchalla ? » s’interroge ‘’La Lanterne’’.

Avec le retrait des fréquences à LCF et à City Fm, c’est « le pire qui a été commis », note ‘’La Dépêche’’. Pourtant, depuis sa prise de fonction, l’actuelle mandature a fait « un sans-faute, privilégiant la pédagogie aux sanctions ». Toute chose qui a été « saluée » par les professionnels des médias. Et « l’on s’attendait que la HAAC évolue dans cette voie mais hélas », commente l’hebdomadaire qui estime que le président de l’instance de régulation a été « poussé à la faute ». Il regrette que ce soit Pitang Tchalla qui « venait de se réconcilier avec son créateur qui accepte d’assumer ce que d’autres ont eu le courage de refuser ».

Pour sa part, ‘’Liberté’’ explique que la décision relative à LCF et City Fm porte à deux « le nombre de forfaitures dont s’est rendu coupable le tout puissant président » de la Haute Autorité, après « la pratique de corruption avérée et d’achat de conscience de certains journalistes » à laquelle il s’est livré à son domicile.

Ce qui offusque le quotidien privé c’est que ce soient à seulement LCF et City Fm que la HAAC a retiré les fréquences sur la dizaine d’organes qui n’étaient pas en règle vis-à-vis de l’institution de régulation. Le confrère parle de la politique du « deux poids deux mesures » et en vient à la conclusion selon laquelle « Pitang Tchalla a des comptes personnels à régler avec le fondateur de LCF et City Fm dont visiblement la tête ne plaît pas dans le sérail ».

Cette « décision unilatérale de Pitang Tchalla a conduit un autre membre de la HAAC à saisir la Cour Suprême », rappelle ‘’Le Magnan Libéré’’. « Que cache tout ça ? » se questionne le tabloïd.

De son côté, tout en expliquant que l’installation des deux médias n’a pas été faite à la régulière ‘’Focus Infos’’ pense que dès lors qu’ils ont existé pendant près de dix ans et contribué à la diversité et au pluralisme médiatique, « sans aucun problème, aucune urgence n’imposait que le couperet de la HAAC tombe aussi rapidement », en dépit des tentatives de médiation.

Ce faisant, cette mesure « est annonciatrice d’une période de tensions entre la Haute Autorité et les professionnels des médias, à l’heure où justement, plusieurs questions cruciales se posent à la corporation qui nécessiteraient une synergie d’actions et d’initiatives mais dans un climat de sérénité ».

Dans tous les cas, ‘’Focus Infos’’ est convaincu que « le coût du retrait des fréquences sera cher payé pour des gains aléatoires ». « Le Togo va devoir s’attendre à être épinglé sur le plan international comme prédateur de la presse, le pays devra aussi se résoudre à perdre probablement des points dans le classement annuel de Reporter sans Frontières, tout comme auprès des différents mécanismes d’évaluation de la situation de la liberté de presse dans le monde. Et sans doute dans le processus pourtant bien engagé du Millénium Challenge Account », fait observer le bimensuel qui suggère à la HAAC de revenir sur sa décision tout en permettant aux deux chaînes de « régulariser leur dossier ».

‘’Fraternité’’ remarque que la notification du retrait des fréquences à LCF et à City Fm est intervenue un 6 février. Le chiffre 6 qui se répète donc, après la date de naissance de Faure Gnassingbé le 6 juin 1966, la libération de Pascal Bodjona le 6 février 2016 et l’adresse à la Nation du Chef de l’Etat le 6 janvier dernier. Commentaire de la publication : « les observateurs voient derrière cette fréquence du chiffre 6, un fait révélateur de la dominance spirituelle qui couve les actions politiques du Chef de l’Etat togolais. Sauf qu’il sera difficile d’en apporter une quelconque preuve scientifique ».

Quant à ‘’Vision d’Afrique’’, il renseigne que les responsables du groupe Sud Media ont « saisi la Cour Suprême ». L’hebdomadaire d’inviter à « privilégier à tout prix l’intérêt général ». ‘’Viva Mag’’ évoque « l’arbitraire » de la HAAC et exhorte cette dernière à « ouvrir les entreprises de presse au lieu de les fermer ».

« Et si les téléspectateurs se rabattaient sur TV2 et TLS ? » ironise ‘’Liberté’’.

Dans le reste de l’actualité, les journaux parus ce mercredi reviennent sur le 12è anniversaire de la disparition de Gnassingbé Eyadema et la trêve observée dans les mouvements de grève de la Coordination des Syndicats de l’Education du Togo (CSET).

Par ailleurs, les publications informent de ce que la commission de réflexion sur les réformes a rencontré hier l’ANC.

En outre, les membres de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les infractions assimilées ont prêté serment hier devant la cour Suprême du Togo.

Le Service de Presse/HAAC

By ouro

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