Le retrait des fréquences à LCF et City Fm continue d’occuper le haut du pavé de l’actualité dans les journaux.
Le personnel de ces deux chaînes avait convié hier la presse togolaise et internationale à un point de presse à l’effet de se prononcer sur ce qu’il considère comme une fermeture injuste. Ainsi que le rapporte L’’’Agence Société Civile Média’’, les hommes et femmes de ces médias qui ont cessé d’émettre depuis lundi ont « exprimé leur consternation, indignation et angoisse » suite à la décision de la HAAC.
« Comment une institution étatique de cette trempe peut tenir l’argument selon lequel les dossiers du Groupe Sud Media n’ont pas été retrouvés dans ses archives alors même que ces dossiers ont été déposés à maintes reprises par l’administration du Groupe Sud Media ? qu’est-ce qui explique cet empressement du président de la HAAC à retirer les fréquences aux deux médias aux point de violer le règlement intérieur de l’institution qu’il préside et les dispositions légales en la matière ? » s’est interrogé ce personnel dans une déclaration, avant d’en appeler au chef de l’Etat et aux représentations diplomatiques « afin d’œuvrer pour la réouverture de LCF et City FM ».
La même information est à lire dans ‘’Liberté’’ qui précise également que les employés des deux stations demandent à l’instance de régulation « qui n’avait déjà pas trop bonne presse auprès de l’ensemble des médias » de reconsidérer sa décision. « Faure Gnassingbé aime-t-il vraiment les Togolais ? » se demande le quotidien privé qui observe que ce « scande HAAC-LCF-City Fm est une bien mauvaise publicité » pour le chef de l’Etat, surtout au regard de la « levée de boucliers » contre la décision de la Haute Autorité.
Suite à cette « fermeture terroriste » de LCF et de City Fm, « la souffrance et la misère de plus de 70 employés désormais sur la conscience de Pitang Tchalla et de Soja Sallah », écrit ‘’Le Perroquet’’. Pour l’hebdomadaire, le président de la HAAC a violé le serment qu’il a prêté devant la Cour Suprême. « (…) à travers ses actes attentatoires à la liberté de la presse et d’expression, il démontre qu’il est à la solde d’un groupe invisible dont l’objectif est de fermer advienne que pourra les chaînes du groupe Sud Media ».
Au surplus, ‘’Le Perroquet’’ soutient que la décision de la HAAC est « illégale », car elle n’a aucune compétence pour fermer ces deux organes selon la loi. La publication signale que Pitang Tchalla n’a pas agi seul mais en « duo dévastateur » avec Sallah Sodja Kangni, un « retraité parachuté dans des conditions obscures à la HAAC » et « cheville ouvrière de la fermeture ».
Nicolas Lawson qui s’exprime sur le sujet dans les colonnes de ‘’Le Bâtisseur’’ est convaincu que l’affaire LCF-City Fm est un « règlement de compte entre Faure Gnassingbé et Pascal Bodjona ».
LCF et City Fm fermés, le personnel « livré au chômage, la HAAC est sous pression », relèvent ‘’Echos du Pays’’ qui rappellent que l’OTM, le CONAPP et l’UJIT ont « interpellé » la Haute Autorité. Il y a également eu d’autres réactions, à l’instar de celles d’Amnesty International et des organisations de la Société civile. Mais seulement.
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) « exige que cette décision soit annulée sans délai ». Par ailleurs, elle « appelle le président de la HAAC à privilégier le dialogue déjà entamé, afin de permettre le bon développement des médias dans le pays, déclare Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ ».
Pour sa part, l’Union internationale de la Presse Francophone (UPF) « s’indigne de cette décision qui n’est autre chose que le restriction de l’espace de liberté ». En outre, elle « interpelle les membres de la Haute Autorité afin que soit rapportée cette décision et que soit permis à ces deux médias de reprendre leur travail ». Aussi, l’UPF exhorte-t-elle les uns et les autres à « régler le problème posé d’ordre administratif, à l’origine de cette interdiction d’émettre, par les voies de la concertation et de la sagesse ».
« Les prédateurs sont de retour », titre ‘’The Guardian’’ qui assure que les raisons de « l’acharnement » contre les deux organes résident dans le fait que l’on veut « réduire au silence des médias qui appartiennent à un ancien membre du clan du pouvoir devenu un opposant » de sorte à éviter qu’ils ne lui servent « d’outils de propagande en cas d’ambitions politiques ». Toujours d’après l’hebdomadaire, l’autre raison du retrait des fréquences à LCF, une télévision qui « sert la vraie information dans l’impartialité » est qu’il faut éviter que l’opinion ne « découvre certaines vérités ».
‘’The Guardian’’ explique également que « Pitang Tchalla, le prédateur, n’est que l’exécutant zélé d’un vaste plan de réduction des médias gênants au silence et de la restriction de la liberté de presse ».
La publication d’appeler « tous les journalistes et leurs soutiens à se lever comme un seul homme pour mettre en déroute cette décision inique d’une autre époque et totalement arbitraire, afin d’éviter que l’image du Togo ne soit encore une fois écornée ».
« La HAAC est-elle devenue un couloir de la mort pour les médias ? » se demande ‘’Flambeau des Démocrates’’. Tout en déplorant que ce retrait des fréquences jette plus de 70 employés au chômage, l’hebdomadaire note que « cette décision ‘’pitanguée’’qui envoie au purgatoire de Légende Fm et X-Solaire est si cruelle qu’il est difficile d’envisager l’espoir de voir LCF et City Fm s’ouvrir sur le futur ». Malheureusement, elle « fera dégringoler le Togo dans le prochain classement de Reporter sans Frontières », regrette le journal qui mentionne que la presse est vraiment « en danger » au Togo.
De l’avis de ‘’Liberté’’, « derrière cette fermeture des deux médias, mise sous le registre d’une certaine régulation, ou application stricte des dispositions réglementaires, se cache une envie de faire mal à Pascal Bodjona ». Dans tous les cas, le tabloïd trouve que la HAAC « s’est énormément avilie dans cette affaire et c’est peu de le dire ainsi ».
‘’Le Changement’’ lui, s’attarde sur la correspondance de Zeus Aziadouvo à la Cour Suprême et assure « qu’il suffit de lire entre les lignes de cette missive pour se rendre compte que les vraies raisons de la fermeture des deux médias sont ailleurs ». « Tout porte à croire qu’on veut noyer LCF et City Fm et on les accuse de la rage », commente l’hebdomadaire qui demande à Massina Palouki, premier responsable de l’ART&P à l’époque de « parler pour situer les responsabilités et éclairer l’opinion ».
Le son de cloche est tout autre dans ‘’Waraa les Vainqueurs’’ qui donnent à savoir que les responsables de LCF et City Fm, même s’ils brandissent certains documents qui, du reste comportent « beaucoup d’irrégularités », ils ne sont pas par exemple « en mesure de fournir les quittances qui ont servi à acheter les dossiers d’appel d’offres aux dates qui précèdent leur récépissé ». En plus, le confrère souligne qu’il y a comme une « confusion » au niveau de la dénomination des deux médias qui tantôt se font appeler Groupe Media Sud, tantôt Groupe Sud Media-LCF, Sud Radio et Sud Télévision ou encore City Fm et LCF. « N’y a-t-il pas eu donc sous traitance des fréquences, puisqu’en réalité, il n’existe aucun dossier au nom de ces deux médias ? » se questionne le journal.
Selon ‘’Waraa les Vainqueur’’, l’implantation des deux chaînes n’ont pas été faite à la régulière, puisque leurs promoteurs avaient en 2007 usé de leur « influence » pour les installer. Le tabloïd bat en brèche l’argument de l’aide l’Etat que percevaient LCF et City Fm, toute chose qui ne saurait leur donner carte blanche pour continuer à fonctionner dans « l’illégalité ». En clair, même si l’on ne doit pas négliger la négociation, « force doit avant tout rester à la loi », insiste le journal.
Un peu dans la même ‘’Forum de la Semaine’’ renseigne qu’ « une voix dissonante », proche de celui que l’on présente comme promoteur des deux stations se fait entendre depuis hier. A en croire le quotidien privé, Abass Kaboua qui « place à l’origine des deux médias l’ancien patron du groupe Progossa, Jacques Dupuydauby et son fils, est d’accord qu’on ferme les chaînes qui ne répondent pas à la procédure ». Pour lui, « la meilleure façon de dénouer le feuilleton LCF-City Fm est d’en chercher les vrais propriétaires ».
Pour ‘’Le Rendez’’, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heure, LCf et City Fm appartiennent bel et bien à Pascal Bodjona qui a suivi la procédure normale en vigueur pour l’installation des deux chaînes. Le journal révèle que c’est même Philippe Evegno, président de la HAAC au moment de leur création qui est allé verser les frais de fréquences à l’ART&P. Donc soutenir aujourd’hui que LCF et City Fm n’ont pas de dossier à la HAAC n’est qu’un faux problème.
« Le sort que l’on réserve présentement au groupe Sud Media porte à croire que les raisons de la cabale sont à chercher derrière des intentions politiques qu’on attribue à Pascal Bodjona », écrit toujours ‘’Le Rendez-vous’’ qui déplore « qu’aucune raison, aucun bon sens, aucune logique n’ont pu résister à la volonté de la HAAC d’envoyer LCF et City Fm à l’abattoir ».
Au surplus, ‘’La Nouvelle Tribune’’ et ‘’Le Rendez-vous’’ informent que le groupe Sud Media a saisi la chambre administrative de la Cour Suprême pour « excès de pouvoir » de la HAAC.
En lien avec la presse, ‘’Liberté’’, ‘’Le Rendez-vous’’ et ‘’Le Changement’’ rapportent qu’un journaliste de l’hebdomadaire ‘’L’Alternative’’, Robert Avotor a été « violenté » sur les lieux d’un reportage par des gendarmes.
Dans le reste de l’actualité, les confrères se sont intéressés aux consultations que mène la commission de réflexion sur les réformes. Ils ont aussi évoqué l’accalmie observée dans le secteur de l’éducation mais la Coordination des Syndicats de l’Education du Togo « menace de reprendre ses mouvements s’il se sent dupé ».
Le Service de Presse/HAAC