Deux sujets principaux sont développés dans les publications du jour : la crise à l’université de Lomé et les réformes politiques.
Mais d’abord les conditions d’accès à l’aide de l’Etat à la presse pour le compte de l’année 2016. C’est ‘’La Dépêche’’ qui revient là-dessus, suite à la conférence de presse organisée le 15 juin dernier par la Commission technique créée à cet effet. L’hebdomadaire rapporte qu’il est à retenir de cette rencontre avec les médias que « plus rien ne sera comme avant » et que les conditions d’éligibilité à cette aide seront désormais appliquées au pied de la lettre.
Crise à l’université de Lomé
Elle s’est aggravée avec l’arrestation de certains étudiants au cours d’une assemblée générale. Mais bonne nouvelle, sept parmi eux ont recouvré la liberté lundi dernier, rappelle ‘’L’Indépendant Express’’. Cette libération vaut une « mention honorable à Faure Gnassingbé et à la justice togolaise » de la part de ‘’Le Perroquet’’. Toutefois, deux étudiants sont restés en détention dont le président de la Ligue Togolaise des Droits des Etudiants (LTDE), note ‘’Tingo-Tingo’’. Raison ? ‘’Le Magnan Libéré’’ renseigne que Folly Satchivi n’a pu comparaître devant la justice lundi pour des raisons de santé. Dans tous les cas, il faut libérer les étudiants encore en détention, plaide la jeunesse solidaire de l’OBUTS, relève ‘’Hara Kiri’’
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Au fait, que réclament les étudiants sur le campus universitaire de Lomé ? A en croire ‘’La Dépêche’’, ils revendiquent, entre autres, le doublement du montant des bourses et allocations de secours, la création de nouvelles artères de bus , la rénovation et construction des amphithéâtres, la construction des reposoirs et l’électrification de certaines voies ainsi que l’organisation des états généraux des universités et la mise en place d’une radio universitaire. Des doléances qui ont finalement « transformé le campus en un champ de batail », ceci au grand dam de l’image de notre pays, déplore l’hebdomadaire.
D’aucuns ont vite fait de vouer aux gémonies le président de l’université de Lomé dans la foulée de l’arrestation des étudiants. A ceux-là, ‘’ Forum de la Semaine’’ demande de ne pas « mélanger la chèvre et le choux ». Les « performances » réalisées par le professeur Dodzi Kokoroko en si peu de temps n’autorisent pas que l’on le jette en pâture comme c’est le cas aujourd’hui, relève le quotidien privé qui en vient à la conclusion que le président de l’université de Lomé n’est en réalité victime que de sa réussite là où beaucoup ont échoué.
Le son de cloche est tout autre dans les colonnes de ‘’La Lanterne’’ qui pense que les autorités universitaires auraient pu faire économie de cette énième manifestation de la crise dans le temple du savoir, attendu que ce ne sont pas des revendications nouvelles. La solution aurait dû être la communication qui devrait alors permettre d’expliquer aux étudiants qu’il est difficile d’accéder à toutes leurs demandes en un temps record, mais que cela se ferait progressivement. Effectivement le « dialogue, c’est l’arme qui a manqué » aux responsables de l’université, confirme ‘’Flambeau des Démocrates’’.
Ce que ‘’Waraa les Vainqueurs’’ dénoncent, c’est la « manipulation à outrance » orchestrée par certaines personnes tapies dans l’ombre à l’effet d’ « avilir l’image du pays ». Et de les rappeler qu’elles peuvent être rattrapées par l’article 497 du nouveau code pénal. Certes, les revendications des étudiants sont légitimes mais elles doivent se faire « dans un cadre approprié qui reflète le niveau élevé des acteurs, car l’université n’est pas n’importe quoi et n’est étudiant qui le veut », souligne ‘’Le Messager’’.
De son côté, ‘’Le Patriote’’ donne à comprendre ce que c’est que la franchise universitaire. « L’université de Lomé connaîtra-t-elle l’accalmie un jour ? » s’interroge ‘’Dounia le Monde’’. Quoi qu’il en soit, « il faut en finir avec le cycle infernal de la violence » sur le campus universitaire, prescrit ‘’L’Indépendant Express’’. En attendant, l’Asvitto s’en « inquiète et redoute un complot » contre les personnes encore détenues, mentionne ‘’Le Bâtisseur’’.
Réformes constitutionnelles et institutionnelles
Depuis un temps, pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité du blocage. L’on en était là lorsque mardi dernier, à la faveur d’une rencontre de la commission de réflexion sur les réformes avec les chefs traditionnels et les membres des comités de paix, la présidente Awa Nana Daboya a rassuré les Togolais sur ce que ces réformes se feront de manière « inclusive ». ‘’Hara Kiri’’, ‘’Forum de la Semaine’’, ‘’Le Bâtisseur’’, Tingo Tingo’’ et ‘’Le magnan Libéré’’ s’en font l’écho. Cette inclusion sur les réformes est-elle une « démarche sincère ou un simple nuage de fumée ? » se questionne ‘’Togomatin’’.
L’annonce de Mme Awa Nana satisfera-t-elle l’ANC qui a toujours accusé le pouvoir de n’avoir pas la volonté de réaliser les réformes ? se demande également ‘’Le Magnan Libéré’’. ‘’Liberté’’ elle, semble ne pas attendre grand-chose de la commission des réformes, « faire-valoir », car c’est plutôt la « commission du dilatoire » d’autant plus que cela fait onze ans que la « supercherie » du pouvoir dure. Même si elles venaient à être opérées, ces réformes seraient « taillées sur mesure » pour Faure Gnassingbé, précise le quotidien privé.
Pendant ce temps, les deux camps, opposition et pouvoir « s’échauffent » en vue des consultations électorales à venir, observe ‘’Le Patriote’’. Il n’y a pas longtemps, le CAP 2015 et le groupe des six se sont retrouvés en vue de « fédérer leurs efforts » pour mieux exiger la mise en œuvre de ces réformes. Les autres formations politiques elles sont pour l’instant dans « l’embarras », indique ‘’La Dépêche’’. ‘’L’Indépendant Express’’ lui rappelle que la semaine dernière, le président du groupe parlementaire UNIR a fait une sortie médiatique qui a permis à l’opinion d’avoir la position du pouvoir sur cette épineuse question des réformes. Sauf que ce faisant, il a « tombé le masque pour exposer Faure Gnassingbé à une implosion populaire », commente l’hebdomadaire.
Au fait, tout semble achopper sur la ‘remise du compteur à zéro’ comme l’a souhaité Christophe Tchao. Là-dessus, ‘’Flambeau des Démocrates’’ suggère à l’opposition de ne pas être rigide sur ce point, car « en voulant coûte que coûte écarter le champion en titre, elle participe sans le savoir au blocage du compteur, retombant ainsi dans ses travers de 2002 ». C’est justement, la « myopie des leaders de l’opposition togolaise qui les maintiendra toujours sous la domination du parti UNIR », analyse ‘’La Lanterne’’.
‘’Le Perroquet’’ s’intéresse à la gouvernance politique et économique de Faure Gnassingbé 12 ans après son accession au pouvoir. Cette gestion n’incite pas à l’espoir dans la mesure où c’est un « véritable échec qui amène le Togo droit vers l’abîme », ajoute le tabloïd. Quant à ‘’Flambeau des Démocrates’’, il pense que pour permettre au pays d’atteindre un niveau conséquent de développement, il y a lieu de « moraliser la vie publique ».
Sur un tout autre sujet, ‘’Le Perroquet’’ s’intéresse à Amoussou Midodji Alias Papson Moutité qu’il catalogue comme un « escroc » et un « arnaqueur » et dont il décrit la « stratégie ». Une stratégie qui, à l’en croire, est basée sur l’utilisation du nom du chef de l’Etat pour intimider et faire chanter.
Au surplus, ‘’Le Perroquet’’ interpelle la HAAC sur des propos, « racistes, haineux et xénophobes » que Papson Moutité auraient tenus à l’endroit du directeur des programmes de la TV2, qu’il aurait du reste traité de « cafard, vaurien, mouchard et dangereux » pour avoir envoyé un message à sa secrétaire.
Dans le reste de l’actualité, la presse du jour évoque la journée des martyrs célébrée hier. En outre, ‘’Dounia le Monde’’ révèle que la directrice générale de la CNSS a ordonné la restitution intégrale du montant d’un prêt de 6 milliards de FCFA que son prédécesseur Koffi Walla avait accordé à une société immobilière SEGIM qu’il a créé lui-même pour « siphonner » les fonds de la Caisse. Mme Ingrid Awadé aurait également exigé que ce prêt soit assorti d’intérêts de 6,4%.
Le Service de Presse/HAAC