Dans leur livraison de mercredi et jeudi, les publications questionnent le sort d’Agbéyomé Kodjo après la perte de son immunité parlementaire. Elles évoquent également le coronavirus et le prix des produits pétroliers à la pompe.

Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo est devenu depuis lundi dernier un citoyen ordinaire après que l’Assemblée nationale a voté pour la levée de son immunité parlementaire doublée de celle que lui conférait son statut d’ancien président de la Représentation nationale. Et depuis, les regards sont tournés vers le procureur de la République qui avait demandé la levée de son immunité. A quoi peut-on s’attendre désormais ? ‘’L’Audience’’ répond et fait savoir que « le parquet a le champ libre pour non seulement convoquer le candidat arrivé 2è à la dernière présidentielle pour l’écouter sur les faits qui lui sont reprochés, mais pourra aussi à tout moment, selon les circonstances décider de le priver de sa liberté ».

Agbéyomé Kodjo face à la justice, ça en prend le chemin à en croire les confrères. L’ancien Premier ministre qui se présente comme un ‘’légaliste’’ saura-t-il faire confiance à la justice de son pays ? se demande ‘’Le Messager’’. Lui et « son parrain Mgr Philippe Kpodzro ont intérêt à laisser la justice faire son travail », indique ‘’Le Magnan Libéré’’. Une chose est sûre, le natif de Tokpli devra « s’armer d’arguments » pour répondre des chefs d’accusation qui pèsent contre lui, écrit ‘’Le Dialogue’’. Quoi qu’il en soit, commente ‘’Le Libéral’’, « les actes posés par M. Kodjo sont d’une extrême gravité au point où on se demande s’il pourra s’en sortir ».  « Le ‘’président autoproclamé’’ en route pour la prison ? » s’interroge ‘’Kamgou’’.

Dans tous les cas, l’ancien directeur général du port autonome de Lomé « risque gros », signale ‘’Le Magnan Libéré’’. Il encourt une peine de « 30 ans de réclusion criminelle si la charge de complot visant à déstabiliser, mettre en péril ou supprimer les institutions de la République est retenue contre lui », renseigne ‘’Le Messager’’. Voilà là où peuvent conduire « le zèle aveugle et l’obsession du pouvoir quand on veut diriger le pays avec un score de 19% », soulignent ‘’Waraa les Vainqueurs’’.  Selon ‘’Togomatin’’, le président du MPDD est en face d’une « équation à deux inconnus » : « Saura-t-il faire preuve de pragmatisme et raisonner son collectif puis se préparer à une éventuelle comparution ? » Il doit choisir « entre faire amende honorable et la prison », mentionne ‘’La Lanterne’’. « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », conseille ‘’Le Changement’’.

Fallait-il en arriver là ? se questionne ‘’La Dépêche’’ qui estime qu’Agbéyomé Kodjo est « entré dans l’histoire par la grande porte ». ‘’Liberté’’ elle, préfère ironiser sur l’attitude des députés qui ont décidé de la levée de l’immunité de leur collègue. Après avoir été « méchants » contre M. Kodjo, ils occuperont chaque dimanche « les premières loges » des cultes et autres célébrations pour jouer « les pieux ». « Baba God va avoir du boulot le jour du jugement dernier », relève le quotidien privé.

Christian Trimua s’est prononcé sur la levée de l’immunité du député du MPDD. Il a surtout relevé « l’utilité et l’opportunité » de cette décision de l’Assemblée nationale, renseigne ‘’L’Audience’’. Il a également « appelé Agbéyomé Kodjo à collaborer avec la justice togolaise », complète ‘’Togomatin’’. « De quoi se mêle au juste le ministre des Droits de l’Homme, chargé des Relations avec les Institutions de la République ? » se demande ‘’Le Correcteur’’.

C’est bien de s’autosaisir dans l’affaire Agbéyomé mais « et si le procureur de la République en faisait autant dans les cas de détournement des fonds publics ? » recommande ‘’La Voix du Peuple’’.

L’autre sujet phare traité dans les colonnes des journaux parus hier et aujourd’hui reste le coronavirus. Le gouvernement a pris un certain nombre de mesures parmi lesquelles l’interdiction de rassemblement à plus de cent personnes. Cette interdiction de se rassembler au-delà de cent personne « parait suspecte », note ‘’Liberté’’ qui se demande si « le pouvoir ne profite pas du Covid-19 pour étouffer la contestation électorale ». Commentaire du confrère : « Les étudiants peuvent s’entasser comme des sardines dans les amphis, les bus Sotral peuvent continuer à tourner à plein régime avec des clients, il n’y a pas de risque, dans les marchés où les étrangers viennent et repartent sans contrôle, là aussi il n’y a pas le moindre mal. Ne sont visés que les opposants. On a tout compris ».

« Mgr Kpodzro et Agbéyomé Kodjo vont-ils défier coronavirus en organisant des manifestations ? » s’interroge ‘’Chronique de la Semaine’’. D’après ‘’Liberté’’, Faure Gnassingbé s’est offert « un bain de foule » hier à Kara. « Un comportement en déphasage avec celui de ses pairs qui s’affichent plutôt en train de montrer les gestes à promouvoir pour éviter la propagation de la maladie », selon la publication.

Pour l’essentiel, la presse se fait un large écho des mesures prises par le gouvernement togolais pour contingenter la propagation du coronavirus, même si certaines parutions trouvent insuffisante la riposte des pouvoirs publics à cette pandémie. Par ailleurs, « Et si un chef d’Etat africain nécessitait une évacuation sanitaire ? »  écrit ‘’Le Correcteur’’.

En outre, les confrères reviennent sur le rapport des Etats-Unis d’Amérique sur les droits de l’Homme à travers le monde avec un accent particulier sur la situation au Togo. Ainsi que signale ‘’La Dépêche’’, ce rapport fait état de « violations massives des droits de l’Homme au Togo ». Il n’en faut pas plus pour que ‘’Fraternité’’ voie « s’éloigner les milliards » du programme américain Millenium Challenge Account.

Au surplus, les journaux constatent que les prix des produits pétroliers au Togo sont restés inchangés malgré la baisse coût du dollar à l’international.

Sur un tout autre sujet, ‘’The Guardian’’, présente l’Ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy, comme « prédateur de la liberté de presse au Togo » pour avoir cherché à « intimider » les journaux ‘’Liberté’’ et ‘’L’Alternative’’ en passant par la HAAC. « C’est une honte pour la France et son ambassadeur de s’attaquer aux journalistes », écrit le journal.

Le Service de Presse/HAAC

By ouro

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