A la une des journaux parus ce jeudi : la concertation nationale autour de la décentralisation, le débat relancé par la défaite de Hahya Jammey en Gambie sur l’alternance politique et la grève dans le secteur éducatif.
Concertation sur la décentralisation
Elle prend fin aujourd’hui à Lomé et « tous les acteurs impliqués dans ce chantier sont consultés pour un processus inclusif », relève ‘’Chronique de la Semaine’’. En fait, cette rencontre « a pour objectif de permettre aux participants de mesurer le chemin parcouru par le gouvernement dans le cadre du processus national de décentralisation », précisent ‘’Waraa les Vainqueurs’’ qui ajoutent qu’il est aussi question que le Togo « s’inspire des expériences des autres pays en la matière et d’échanger sur les différentes options possibles, notamment en terme de transfert de compétences ou de mobilisation des ressources financières pour une décentralisation efficace ».
En tout cas, de ces assises, sortira « bientôt une stratégie nationale de mise en œuvre de la décentralisation », mentionnent ‘’Echos du Pays’’.
‘’Flambeau des Démocrates’’ a son opinion sur le sujet. L’hebdomadaire pense que la « marche ‘’obligatoire’’ » du pays vers cette décentralisation est marquée par « trop d’hésitations ». C’est pourquoi le confrère suggère de ne pas trop tergiverser pour donner suite aux conclusions de la présente concertation. Mieux, il en appelle à l’ « audace » et au sens de « responsabilité » du chef de l’Etat pour qu’il ne tombe pas dans le « piège des mauvais conseillers qui surfent sur des calculs politiciens ».
L’atelier de Lomé marque-t-il le point de départ d’une réelle politique de décentralisation ou est-il « une de ces farces du pouvoir ? » se demande ‘’Le Bâtisseur’’. ‘’Le Changement’’ ne va pas par quatre chemins pour noter que c’est « encore un machin pour divertir les Togolais de l’essentiel ». Pour ‘’Le Correcteur’’, c’est une « nouvelle comédie tropicale » qui se joue. Finalement, il y a « trop de diversion sur la décentralisation » au Togo », constate ‘’Liberté’’.
Défaite de Yahya Jammey et alternance
Bien que disposant de tous les moyens de l’Etat pour s’éterniser au pouvoir, Yahya Jammey a reconnu sa défaite à l’élection présidentielle en Gambie et a même félicité le vainqueur, Adama Barrow. ‘’Le Bâtisseur’’ lui sait gré et lui dit « merci » en lui tirant son « chapeau ».
Ainsi que l’indique ‘’Flambeau des Démocrates’’, le geste de l’ex-président gambien est tellement salutaire qu’il faut surtout se garder de le poursuivre afin de ne pas braquer et apeurer tous les autres chefs d’Etat africains dont le règne est aussi long que celui de Jammeh voire plus, qui voudraient aussi céder le gouvernail.
‘’Waraa les Vainqueurs’’ font une autre lecture de ce qui s’est passé en Gambie. La publication estime que l’opposition togolaise devrait tirer les leçons de la recette gagnante de celle gambienne. Aussi, le tabloïd invite-t-il la classe politique opposante à se départir des incantations pour élaborer une stratégie efficiente à même de l’aider à atteindre ses objectifs. Dans une veine similaire, ‘’Chronique de la Semaine’’ invite l’opposition togolaise à s’inspirer de « l’efficacité de la candidature unique » qui vient de faire florès en Gambie.
Pour sa part, ‘’The Guardian’’ assure que celui qui doit assimiler la « belle leçon » donnée par Yahya Jammey, c’est bien Faure Gnassingbé. Ce « bel exemple » de démocratie doit trouver un écho favorable « dans les pays dictatoriaux comme le Togo ».
Dans tous les cas, les Togolais devront une fière chandelle au chef de l’Etat actuel s’il « emboîtait le pas » à l’ancien président gambien, indique ‘’Liberté’’. Ce serait tout à son avantage, écrit ‘’Le Perroquet’’, d’autant plus qu’après le départ de Jammey, Faure Gnassingbé est la « seule brebis galeuse dans l’espace CEDEAO » qui s’oppose à la réforme limitant le nombre de mandat présidentiel. « Jusqu’où ira le ‘’Bébé Gnass’’ avec sa douce dictature ? » se questionne ‘’Le Rendez-Vous’’.
Quoi qu’il en soit, « la leçon de démocratie que vient de servir la Gambie doit inspirer tous les peuples africains », opine PAX AFRICANA d’Edem Kodjo.
Grève dans le secteur éducatif
Les mots d’ordre de débrayage des enseignants se multiplient pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Après quelques jours de répit, les syndicats d’enseignants ont lancé hier une nouvelle grève de mécontentement. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces grèves font déverser les élèves dans la rue. Après Dapaong, les élèves ont « envahi » les rues à Lomé, Mango et Sokodé, informe ‘’Liberté’’. La situation fait réagir la CDPA qui exhorte le gouvernement à engager des discussions franches avec les enseignants grévistes. « Et si le gouvernement et les grévistes s’entendaient pour éviter le scénario de 2013 ? » s’interroge ‘’Le Changement’’. C’est également le dialogue que prônent ‘’Echos du Pays’’.
Quant à ‘’Le Correcteur’’, non content de questionner le « silence coupable » de Faure Gnassingbé devant la situation, il donne également la parole à Jean-Pierre Fabre qui déclare qu’ « au lieu de financer à grands frais un sommet et augmenter les dépenses du Cabinet du Président de 33%, l’Etat doit satisfaire les besoins des enseignants ».
A en croire ‘’Forum de la Semaine’’, le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire, rencontre les syndicats d’enseignants ce jeudi.
Par ailleurs, les confrères se sont également intéressés au CAR et au nouveau parti FDR.
En outre, ‘’Togo-Presse’’ et ‘’Waraa les Vainqueurs’’ se font l’écho du 3è Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique auquel a pris part le Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou.
Les médias en ligne eux, ont prolongé les commentaires sur les leçons à tirer de l’alternance intervenue en Gambie et sur l’envahissement de la rue par les élèves, suite à la grève des enseignants.