Trois sujets principaux meublent les colonnes des journaux parus ce jeudi : la décision de la Chambre administrative de la Cour Suprême dans l’affaire LCF-City Fm, la crise dans le secteur de l’éducation et le changement intervenu à la tête de l’Office Togolais des Recettes (OTR).

 Affaire LCF-City Fm

La chaîne de télévision LCF et la radio City Fm « resteront fermées », c’est ce qui ressort de la décision rendue mardi dernier par la Chambre administrative de la Cour Suprême, rappelle ‘’La Nouvelle Tribune’’. La Chambre administrative a déclaré « irrecevable » le recours formulé par le groupe Sud Média pour « défaut de qualité et d’intérêt à agir ».

Un verdict qui ne satisfait pas la partie requérante dont les propos sont rapportés dans l’hebdomadaire. « La Cour s’est enlisée dans des considérations de mots et de phrases. C’est facile de rester sur les pistes comme ça et brouiller les vraies pistes », a réagi l’avocat du groupe Sud Média, Me Abi Tchessa. Pour sa part, le Directeur général, Luc Abaki estime que « l’argumentation développée par la Chambre administrative de la Cour est un scandale ». Il se dit « triste du fait que le Togo puisse reculer autant ».

‘’Liberté’’ revient sur le motif de l’irrecevabilité du recours et ironise: « Si madame Bodj n’a pas qualité pour saisir la Cour, est-ce son chéri coco ‘’bondowé’’ qui doit le faire ? Ou bien leur fils ainé ? » En tout cas, le confrère demande à la Cour suprême de situer l’opinion, car « certains pensent que c’est le premier agent recruté dans la boite qui en a qualité, d’autres racontent que ce sont les auditeurs et téléspectateurs. Chez d’autres encore, ce sont les gos vierges de la boite, ou bien les voisins d’en face du siège ».

« A moins d’un revirement spectaculaire de situation, l’on doit concéder à la thèse d’une ‘’fermeture définitive’’ », observe ‘’Flambeau des Démocrates’’.

« Cette décision jugée alambiquée par les requérants démontre une fois encore que le Togo est malade de ses institutions, qui sont à l’image du pays » commente ‘’Le Perroquet’’ qui ajoute : « cette nouvelle décision qui entérine la bévue de Pitang Tchalla qui ferme des médias alors qu’il n’a pas le droit, met au chômage plus de 80 personnes ».

« Ce qui est gênant dans cette issue, c’est de savoir que la Cour Suprême ne reproche donc rien à la HAAC, ou plutôt à son tout-puissant président qui a outrepassé ses prérogatives, abusé de son pouvoir pour retirer les fréquences aux deux chaines ; des actions qui relevaient normalement des compétences de la justice (…) », écrit ‘’Liberté’’. Après avoir relevé que « la justice togolaise est restée fidèle à sa légendaire triste réputation, celle de servir à régler des comptes politiques » dans ce dossier LCF-City Fm, le quotidien privé se demande si les responsables du groupe Sud Média vont saisir la Cour de justice de la CEDEAO.

‘’Le Correcteur’’ lui, renseigne que l’audience de mardi dernier à la Cour Suprême « qui normalement est déclarée publique, a connu certaines particularités », à l’instar de « la militarisation de la zone et la saisie des téléphones portables auprès de plusieurs personnes suspectées d’enregistrer les débats ». Ces « particularités liberticides doivent faire réfléchir les Togolais sur le fonctionnement de la justice », insiste le bihebdomadaire.

En outre, ‘’Le Correcteur’’ pense que Faure Gnassingbé a battu le « triste record du bâillonnement de la presse ». « En trois mandats, trois radios et une télévision ont été mises ‘’à mort’’ », souligne la publication qui cite City Fm, Légende Fm, X-Solaire et LCF.

Dans un registre voisin, ‘’La Nouvelle Tribune’’ informe que le passage à la Télévision Numérique Terrestre (TNT) « reste un lointain objectif » pour les huit pays membres de l’UEMOA, dans la mesure où aucun de ces pays membres n’a encore opéré ce passage.

 Crise dans le secteur de l’éducation

‘’Echos du Pays’’ notent que la grève se poursuit, malgré les multiples tentatives pour trouver une issue aux mouvements de débrayage. Si la crise perdure, l’actuel ministre de la Fonction Publique en est pour quelque chose, opine ‘’Le Perroquet’’. A en croire l’hebdomadaire, Gilbert Bawara est un « fin provocateur qui attise la haine et la colère des Togolais contre le pouvoir RPT/UNIR ». « Gilbert Bawara est un ministre va-t-en guerre qui empoisonne le secteur de l’éducation », confirme ‘’Le Changement’’.

Il est « accusé de prédation de la liberté syndicale à Siou », indique ‘’Le Correcteur’’. De son côté, ‘’Le Patriote’’ pense que « de la crise à la confusion, la fin n’est pas pour demain ». Aussi, le journal informe-t-il que « la CSET dénonce des institutions et menaces à l’endroit des enseignants ».

D’une revendication sociale à une autre, les populations demandent également au gouvernement de revenir sur sa dernière mesure d’augmentation des prix des produits pétroliers. Le CAP 2015 annonce dans ce sens une grande marche suivie de meeting samedi prochain, mentionne ‘’Le Changement’’. Là-dessus, ‘’Echos du Pays’’ assurent que ce regroupement de partis politiques veut tout simplement « profiter de la grogne sociale pour rebondir ». Il n’y a pas que le CAP 2015. Les autres « forces démocratiques » entendent aussi s’impliquer, précise ‘’Le Correcteur’’.

C’est le cas par exemple des universités sociales du Togo (UST) qui « se mobilisent pour des actions communes concertées futures », renseigne ‘’Forum de la Semaine’’. Les UST « exigent le retrait de la mesure » consacrant la hausse des prix des produits pétroliers et « appellent à un dialogue social », complète ‘’Liberté’’.

Finalement, « ça grogne partout », observe ‘’Flambeau des Démocrates’’. Le Togo est devenu une « république en vrac », signale ‘’Le Correcteur’’. A cette grogne sociale, ‘’Le Perroquet’’ ajoute « la mauvaise gouvernance, le refus des réformes et l’atteinte à la liberté d’expression » pour conclure que « le peuple ne veut plus de Faure Gnassingbé ».

Sur un tout autre sujet, ‘’Le Perroquet’’ s’intéresse aux « dessous du mystérieux limogeage » de Henri Gapéri. ‘’Le Rendez-vous’’ nous apprend qu’un audit est « en cours » pour évaluer la gestion de l’ex-Commissaire général. C’est un audit « pour du beurre », croit savoir ‘’Le Correcteur’’. Quant à ‘’Le Patriote », il s’interroge sur l’indemnité que percevra Kodjo Adédzé, le successeur de Gapéri.

Par ailleurs, certains confrères sont revenus sur la célébration hier de la journée internationale de la femme. « Quel sens pour un pays où le chef de l’Etat demeure célibataire ? » se questionne ‘’Le Correcteur’’.

Au surplus, ‘’Liberté’’ donne à savoir que l’audit des marché publics passés en 2013, révèle que le gré à gré a été la méthode la mieux pratiquée au ministère des Travaux Publics. Toute chose qui a permis à Ninsao Gnofame de « s’enrichir » de manière « outrancière ».

Le Service de Presse/HAAC

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