Les journaux parus ce lundi évoquent les revendications sociales et politiques : revendications de l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants, appels à reconsidérer la mesure consacrant la hausse des prix des produits pétroliers, réclamation de la mise en œuvre des réformes par les politiques…

En levée de rideau à cette revue, nous soulignons que ‘’icilome.com’’ s’intéresse au communiqué rendu public vendredi dernier par la HAAC. Le site web rapporte que ce communiqué de l’instance de régulation invite les Directeurs de Publication et les promoteurs des médias écrits à se mettre en rapport avec le Président du Comité Technique Presse Ecrite de la Haute Autorité, au plus tard le vendredi 25 mars 2017 « pour les formalités d’actualisation de la liste des journaux officiellement déclarés ».

L’agence de presse ‘’Afreepress.info’’ a fait l’exercice de soustraction entre les 464 journaux enregistrés à la HAAC de 1998 au 28 février 2017 et les 130 environ qui ont régulièrement ou périodiquement paru au cours de ces cinq dernières années et relève que « 330 publications sont menacées de disparition ».

 ‘’Grogne’’ sociale

Le sujet qui cristallise l’actualité dans les publications ces dernières semaines reste les revendications des enseignants. En vue de mener la réflexion à l’effet de trouver des pistes de solutions pouvant juguler la crise qui sévit dans le secteur de l’éducation, le gouvernement a mis sur pied un cadre, dénommé Groupe de travail. Fruit des activités de ce Groupe, le relevé des conclusions a été remis vendredi dernier au Premier ministre.

Alors, « va-t-on vers un dénouement de la crise qui secoue le monde éducatif ? » s’interroge ‘’Forum de la Semaine’’. Le quotidien privé renseigne que Komi Sélom Klassou « promet étudier avec beaucoup d’intérêt et dans un délai record, la question de statut particulier des enseignants ».

Pour autant, les « efforts » du gouvernement togolais « n’ébranlent pas la dynamique » des enseignants grévistes qui appellent à des manifestations cette semaine constate ‘’La Symphonie’’. « Une nouvelle semaine de grève et de paralysie dès ce lundi », confirme ‘’Liberté’’ qui parle de « menace sérieuse sur les examens de fin d’année ». « Visiblement, le bout du tunnel n’est pas encore très proche », observe ‘’La Symphonie’’.

‘’La Voix du Peuple’’ en déduit que « l’école togolaise est sans avenir » et pointe du doigt les dirigeants du pays qui ne sont pas prêts à se sacrifier pour la jeunesse. ‘’Courrier de la République’’ demande aux gouvernants d’éviter d’aggraver la crise. « Si certains décideurs ne veulent pas être dans le box des accusés demain pour répondre de leurs actes devant le tribunal de l’histoire, c’est maintenant ou jamais qu’ils doivent faire leur introspection et leur rémission », écrit-il. Tout autant, le confrère conseille aux syndicats grévistes de ne pas chercher à avoir tout au même moment et de ne pas perdre de vue que « trop de grèves tuent la grève ».

‘’La Symphonie’’ coupe aussi la poire en plusieurs parts. « Chaque acteur enseignant, gouvernant, parent d’élève…, a le devoir de jouer son rôle avec responsabilité devant le tribunal de l’histoire », mentionne-t-elle.

Quoi qu’il en soit samedi dernier « les populations ont dénoncé le chaos et appelé Faure Gnassingbé à ses responsabilités », indique ‘’Liberté’’. Par ailleurs, la famille d’Alabi Nadjinoudjine, tué lors des manifestations qui ont suivi la hausse des prix des produits pétroliers serait « réduite au silence du fait des pressions du pouvoir ».

Toujours en rapport avec l’éducation, ‘’Le Combat du Peuple’’ note un « effectif pléthorique des salles de classes ». Il interpelle les acteurs de ce secteur qui doivent « jouer leur partition ».

Pendant que les enseignants sont en grève et les élèves dans la rue, devant les « urgences de l’heure », le pouvoir opte pour la préparation des sommets prévus cette année à Lomé, remarque ‘’Le Correcteur’’. Et le bihebdomadaire de déplorer que le gouvernement est prompt à évoquer le manque de moyens face aux revendications des enseignants mais « ne lésine pas sur les moyens lorsqu’il s’agit de trouver des ressources financières pour organiser des rencontres futiles qui n’apportent rien aux citoyens togolais ».

« Vers la fin du cycle Gnassingbé ? » se questionne ‘’Le Correcteur’’ qui croit savoir que les derniers mouvements sociaux seraient liés à une « guerre des clans autour de Faure Gnassingbé, avec en arrière-plan sa succession ».

Pour l’instant, Faure Gnassingbé tient le gouvernail et est attendu sur le terrain des réformes. Outre les prix des produits pétroliers qu’il faut revoir à la baisse, c’est ce que sont allés réclamer samedi dernier partis politiques et organisations de la société civile.

C’était une « mobilisation moyenne », renseigne ‘’Le Correcteur’’. Le tabloïd voit là le « paradoxe d’un peuple indifférent à ses souffrances ». « La marche a fait flop… » relève pour sa part ‘’La Symphonie’’ qui se fait l’écho des déclarations de Gerry Taama du NET. « Les populations n’ont pas suivi le mot de mobilisation des politiciens. Il faut en tirer les leçons », explique le président du Nouvel Engament Togolais.

Ce « désintérêt » du peuple est « préjudiciable et interpelle les consciences », renchérit ‘’Courrier de la République’’. Il faut « repenser autrement la méthode de lutte », ajoute le journal. « A propos de l’efficacité de cette manifestation, il faut dire que le doute est permis, d’autant plus que la preuve est désormais faite que le chef de file de l’opposition est en perte de vitesse et se comporte comme un naufragé qui s’accroche à tout ce qui lui tombe sous la main », commente ‘’Le Combat du Peuple’’.

Sur la question des réformes, ‘’Le Combat du Peuple’’ jette la lumière sur les ratés de l’opposition togolaise qui oscille entre « amnésie et contradictions », avec en première ligne Jean-Pierre Fabre que l’hebdomadaire présente comme « à la croisée des chemins et qui se cherche à travers la récupération des faits sociaux ». A l’en croire, le leader de l’opposition « manque d’inspiration et d’innovation ».

En outre, ‘’Liberté’’ s’intéresse à la construction de l’immeuble de la LONATO. Elle signale une « attribution abusive » à l’entreprise CENTRO et des « irrégularités mises à nu par le rapport d’audit du consortium de cabinets ». Irrégularités, poursuit la publication, « cautionnées » par la Direction nationale de Contrôle des marchés publics (DNCMP). Le confrère révèle également que le délai de livraison de l’immeuble était prévu le 4 décembre 2015, délai finalement non respecté, puisque les travaux se poursuivent.

Dans la même veine, ‘’Le Correcteur’’ aborde la réhabilitation de la route Atakpamé-Blitta. Selon le journal, 49 milliards y ont été épuisés, un appel d’offres est « en vue », alors que « la rue de la Résidence inhabitée de Faure Gnassingbé à Blitta est au centre des controverses ».

Le Service de Presse/HAAC

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