A la une des journaux parus ce mardi : la nomination des membres du Conseil National de Suivi de la Décentralisation et le processus de réconciliation au Togo.
En ouverture de cette revue, nous signalons que le site d’informations ‘’icilome.com’’ se fait l’écho du communiqué rendu public hier par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. « La HAAC met en garde des ‘’pasteurs égarés’’ », titre le portail web.
La nomination des membres du Conseil National de Suivi de la Décentralisation (CNSD) donne du grain à moudre. Ainsi que le relève ‘’La Lanterne’’, elle met déjà « le feu aux poudres » dans les rangs de l’opposition togolaise. L’hebdomadaire se désole de ce que cette nomination vient y « réveiller les démons » de la division, pendant que les députés UNIR mobilisent leurs troupes sur le terrain en vue d’une victoire aux prochaines consultations électorales. Et malheureusement, il y aura les mêmes qui viendront crier à la fraude, alors qu’ils ont passé le temps à « s’entredéchirer », commente le confrère.
Pourtant, l’objectif ultime de la lutte que mène l’opposition est de parvenir à l’alternance. Mais pour y arriver, les méthodes diffèrent. D’aucuns pensent qu’il faut un soulèvement populaire, d’autres appellent de leurs vœux une révolution de palais alors que d’autres encore préfèrent s’en remettre à la providence. Mais à côté, il y a aussi ceux qui croient à la vertu des urnes. Parmi ces derniers, Jean-Pierre Fabre.
Selon ‘’L’Indépendant Express’’, lors de son dernier séjour en France où il a rencontré la diaspora togolaise, le chef de file de l’opposition a réaffirmé sa foi en ce que « les urnes togolaises finiront inéluctablement par accoucher de leur vérité, celle de l’alternance et du changement, celle de la démocratie et du développement ».
Seulement, cette arme pour concrétiser le changement semble ne pas être exactement la même pour un autre opposant, Alberto Olympio en l’occurrence, note la publication. Cet informaticien dont la candidature à l’élection présidentielle de 2015 n’avait pas prospéré pense dans les colonnes de ‘’L’Indépendant Express’’ qu’ « il n’y aura jamais d’alternance pacifique dans notre pays tant que les questions du fichier et de la transparence électorale ne seront pas réglées ».
Et d’ajouter que « ceux qui prétendent que ces questions sont secondaires, non seulement flouent le peuple mais surtout exposent le pays à des risques de violence ». En clair, pour M. Olympio, « la lutte pour l’alternance et le changement ne se fera pas dans les urnes ».
Toujours à propos du CNSD, ‘’L’Alternative’’ estime qu’il s’agit d’un nouveau coup de force du pouvoir.
De son côté, ‘’Actu Express’’ s’intéresse aux « 50 ans de règne calamiteux de la dynastie Gnassingbé, du père au fils » ; un « règne sans partage qui plombe le développement du Togo », d’après l’hebdomadaire. Il y a comme une « croix d’inertie sur le Togo malade d’un régime de la sclérose », renchérit ‘’L’Alternative’’.
Dans leur livraison du jour, les confrères ont également évoqué le processus de réconciliation avec le démarrage des réparations. Cette étape est « soutenue » par les évêques du Togo, renseigne ‘’L’Alternative’’. Ce soutien est consacré par cette invitation à la « célébration de purification et de repentance » sur toute l’étendue du territoire adressée au peuple chrétien par la Conférence des Evêques du Togo, précise ‘’Actu Express’’.
« Les dédommagements vont commencer, soyez prêts pour prendre votre part », ironise ‘’Sika’a’’ qui se demande si la réconciliation « coûte une somme d’argent ». ‘’Liberté’’ elle « apprécie » la mission de la présidente du HCRRUN chargé de mettre en application les recommandations de la CVJR. A l’observation, le quotidien privé trouve que c’est le « passé lugubre d’Awa Nana-Daboya qui pose problème » dans la mesure où elle a « toujours soutenu la dictature et participera à son maintien ».
Le tabloïd en vient à conclure que la présidente du HCRRUN « n’inspire pas confiance ». Au demeurant, le journal craint d’ailleurs d’autres violences, attendu que les auteurs présumés de ces actes ne sont pas connus et peuvent donc récidiver en toute quiétude demain, convaincus qu’ils ne seront identifiés ni punis.
Sur un tout autre sujet, ‘’L’Indépendant Express’’ donne à savoir que la nomination d’Ingrid Awadé à la tête de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) « suscite colère et indignation dans le secteur privé » qui risque de ne pas avoir le contrôle de cette structure alors même qu’à en croire le journal, ce sont « les cotisations provenant de ce secteur qui permettent à la Caisse de fonctionner ». En plus, poursuit le confrère, la procédure de nomination de l’ancienne DG de la DOSI est « viciée sur toute la forme », car les textes de la CNSS indiquent clairement que le Directeur Général est nommé par le Conseil d’Administration sur une liste de candidatures retenues.
Dans un registre différent, ‘’L’Union pour la Patrie’’ informe que Lomé a « séduit » une délégation d’Egyptair venue échanger avec les autorités aéroportuaires du pays, entre autres, sur la desserte de la capitale togolaise par cette compagnie. A une échelle supérieure, le Togo, note ‘’La Lanterne’’, est en train de devenir « le carrefour des grandes rencontres internationales et sera bientôt la Suisse d’Afrique, ceci grâce à l’action du ministre des Affaires Etrangères sous l’impulsion du président de la République ».
Par ailleurs, ‘’La Lanterne’’ aborde la question de la chefferie traditionnelle et informe qu’une « grande manifestation » est prévue demain à Sokodé pour « désavouer » l’intronisation du nouveau chef des Tèm qui serait un Kabyè. Le gouvernement doit s’employer à « anticiper pour préserver la paix dans cette localité en revoyant sa copie », suggère le journal.
Au-delà de ce litige entre Tem et Kabyè, le Togo tout entier est « assis sur une poudrière de conflits intercommunautaires », souligne ‘’L’Alternative’’.
Le service de Presse/HAAC