La crise politique au Togo est à la une de l’actualité dans les journaux parus ce mardi.
Dans un communiqué rendu public hier, le gouvernement togolais a pris des « mesures d’apaisement » à l’effet de résoudre durablement la crise. Ces mesures, relèvent ‘’Forum de la Semaine’’ et ‘’Le Médium’’, vont de l’élargissement d’une quarantaine de détenus dans le cadre des manifestations de rue à l’ouverture d’un dialogue entre les acteurs politiques en passant par la levée du contrôle judiciaire qui pesait sur Jean-Pierre Fabre dans l’affaire des incendies des marchés.
Cependant, ces mesures ne sont pas sans contrepartie. Elles doivent amener l’opposition à « mettre de l’eau dans son vin en agissant avec la plus grande retenue et responsabilité ainsi qu’en œuvrant pour l’intérêt national par la sauvegarde de la paix et la cohésion nationale », commente ‘’L’Union pour la Patrie’’. ‘’L’indépendant Express’’ minimise ces mesures et donne à savoir qu’elles ne sont que « divagation, diversion, digression et fuite en avant » pour faire gagner du temps à Faure Gnassingbé qui, du reste, n’a « aucune envie de quitter le pouvoir ». Effectivement, l’actuel chef de l’Etat togolais « refuse de renoncer au pouvoir en 2020 » ainsi que lui suggérerait son homologue ghanéen, renchérit ‘’L’Alternative’’.
Ce faisait, cette posture risque d’ « envenimer davantage la situation politique au Togo les jours et semaines à venir », prédit le bihebdomadaire, surtout avec la « détermination » des leaders de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition. Parmi ces derniers, Tikpi Atchadam. « Peuple en lutte… tu dois maintenir l’élan face à la dictature qui te nie en tant qu’être humain », galvanise-t-il dans des propos publiés par ‘’L’Alternative’’. L’entièreté de ce message du président du Parti National Panafricain est publiée dans les colonnes de ‘’L’Indépendant Express’’ qui planche sur les « secrets de la victoire finale » de la lutte. Le confrère pense également que le pouvoir togolais « tombe dans le piège mortifère du djihadisme en tentant de dénigrer le PNP ».
C’est le cas de le dire, les mesures prises par le gouvernement, sont intervenues à la veille des marches de l’opposition. Ce sera le « premier test dans les rues aujourd’hui » en ce qui concerne les mesures prises il y a quelques jours pour des manifestations sans violence, mentionne ‘’Forum de la Semaine’’.
Et dans cette lutte pour accéder au pouvoir, l’opposition togolaise affiche souvent un « visage d’ange » qui cache mal son « amateurisme et son inconséquence politique », souligne ‘’Le Médium’’. L’opposition semble ne pas être seule dans cet angélisme. Faure Gnassingbé « se déclare curieusement d’une angélique simplicité », note ‘’L’Alternative’’.
Tout à fait autre chose, ‘’Liberté’’ s’intéresse à la justice togolaise et ses « deux visages » dans la crise actuelle. Une sorte de deux poids deux mesures, selon la publication qui fait constater que pendant que des Togolais « dont le seul tort est de militer au sein de l’opposition sont jetés en prison » du fait de cette justice, elle rechigne à inquiéter les « corps habillés et les miliciens qui tuent les citoyens ».
Toujours en lien avec la politique, un colloque a été organisé vendredi dernier à Lomé à l’adresse des journalistes sur les 25 ans de la constitution togolaise à l’effet de leur donner les clés nécessaires à la compréhension de certaines thématiques dont la rétroactivité de la loi, informe ‘’Forum de la Semaine’’. L’initiative est du président de l’Université de Lomé, le Prof Dodji Kokoroko. Là-dessus, ‘’Liberté’’ remarque la « dérive mégalomaniaque de ce jeune Professeur » qui, à l’en croire, a non content de tenter de « rallier les professionnels des médias à sa cause a invectivé les journalistes qui ne sont pas réceptacles de ses opinions ».
Dans tous les cas, ‘’Togo-Presse’’, édition de lundi, renseigne que ledit colloque a été ouvert par le chef de cabinet du président de la HAAC, M. Komivi Viagbo qui a prescrit aussi bien aux hommes et femmes des médias qu’aux acteurs politiques « la préservation de la paix, la concorde et la cohésion sociale, seules gages du développement ».
Le Service de Presse/HAAC