Les journaux parus ce lundi décryptent le message de vœux du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé et reviennent sur la crise politique.
- Message de vœux du Président de la République
Le Chef de l’Etat comme à l’accoutumé s’est adressé au peuple togolais le 03 janvier 2017 pour lui présenter les vœux de nouvel an. ‘’Nouvelle Opinion’’ fait savoir que le Président Faure Gnassingbé a « exprimé toute sa compassion à toutes les victimes des manifestations politiques et souhaité prompte guérison aux blessés. ». Selon le confrère, la grande priorité du patron de la Marina dans son discours est « la protection sociale et des cibles vulnérables ». Pour ce qui est de la crise politique, le Chef de l’Etat a laissé entendre que « le dialogue reste la seule solution aux difficultés que connait la classe politique togolaise », ajoute l’hebdomadaire.
‘’Le Patriote’’ reprend en intégralité le discours du Chef de l’Etat qu’il résume en « promesses pour un Togo réconcilié et apaisé en 2018 ».
Idem pour ‘’Le Combat du Peuple’’ qui, en guise de commentaire écrit que « Le Président Faure ne se fout pas du peuple togolais qu’il a toujours respecté. A la limite, le Président s’étonne du comportement de son opposition irresponsable qui pose des exigences irréalisables et incantatoires. »
‘’Liberté’’ s’intéresse à la sortie médiatique de Christian Trimua, suite au message de vœux du Président Faure. « Le Président n’a jamais dit dans son discours qu’il allait soumettre au référendum le texte qui a été voté par le parlement. Il a dit que le peuple doit être consulté. Cela veut dire que quelle que soit l’issue du dialogue, nous irons au référendum ». Pour le journal, ces propos du conseiller du Chef de l’Etat « cachent simplement les desseins secrets du pourvoir ». M. Trimua « annonce un échec programmé » du dialogue en vue.
‘’Le Correcteur’’ fait savoir que le Secrétaire Exécutif du parti UNIR, Atcholé Aklesso a également commenté sur Radio France Internationale, le discours du Chef de l’Etat. « Ne pas voir dans le discours du Président, la hauteur digne d’un Chef d’Etat, c’est faire preuve de mauvaise foi et de cécité politique.»
- La crise politique
La fin de l’année 2017 a été un moment de toutes les incertitudes au Togo à cause de la crise politique. Depuis, plusieurs réflexions sont faites pour trouver des solutions de sortie de crise. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un dialogue politique qui tarde à prendre forme et que ‘’Courrier de la République’’ appelle « Serpent de mer ». Pour lui, « ce serait l’autre dialogue de plus…et sera dévastateur des espoirs du peuple ».
Et pourtant, ce peuple est « toujours dans l’attente », écrit ‘’Nouvelle Opinion’’ qui se demande si « l’opposition et le pouvoir pourront enfin s’entendre sur le minimum des conditions préalables pour accepter s’asseoir autour d’une table de négociation ».
Face à cette situation, plusieurs observateurs avisés de la scène politique togolaise apportent des arguments pour éclairer des pistes à exploiter pour cette sortie de crise. Parmi eux se trouve Jean Degli, ancien ministre et président de l’association Bâtir le Togo selon lequel « l’opposition cherche à pousser le peuple dans les rues pour satisfaire des intérêts égoïstes et personnels », rapporte ‘’Nouvelle Opinion’’. A l’en croire, Me Dégli estime que les manifestations de rue « sont inutiles sans une réelle volonté de trouver des solutions aux problèmes et finiront par lasser ».
Toujours pour une sortie de crise, il serait envisagé un gouvernement de transition chargé d’opérer les réformes politiques et l’ancien ministre Pascal Bodjona est en « Pole position » pour être soit médiateur, soit chef de ce probable gouvernement, révèle ‘’Le Patriote’’.
Par ailleurs, ‘’Liberté’’ relève « le jeu dangereux de Faure Gnassingbé » en liant le PNP au djihadiste et révèle que « les images des deux militaires tués sont utilisées pour manipuler la communauté internationale ; les ONG d’obédience musulmanes sont sous surveillance »
Sur un sujet différent, ‘’Le Correcteur’’ jette des projecteurs sur les Forces Armées Togolaises et s’interroge : « De quoi Faure a-t-il peur ? ». Sachant que son régime est bâti sur l’armée, « le successeur de Eyadéma traite de façon parcimonieuse les corps habillés au Togo. », pense le confrère.
Dans le reste de l’actualité, ‘’Le Combat du Peuple’’ fait un portrait croisé de Jean-Pierre Fabre qu’il appelle « métis lunatique », de Tikpi Atchadam qu’il traite de « fanatique dangereux », et de Mme Adjamagbo-Johnson qui « fait pitié ».
Au surplus, ‘’Le Correcteur’’, s’appuyant sur le cas de Latta Gnama qui est le Directeur de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile, de la Société Aéroportuaire de Lomé Tokoin et nommé récemment Président du conseil d’administration de Togocom, dénonce le cumule de poste de certains proches du régime et démontre la preuve du mensonge du pouvoir togolais qui dit placer la jeunesse au cœur de sa politique.
Le Service de Presse/HAAC