Dialogue politique au Togo, le sujet est commun à toutes publications du jour.
Analyses et commentaires.
L’ouverture du dialogue sous les auspices du facilitateur a charrié beaucoup
d’espoirs mais les derniers développements sur l’évolution de ces pourparlers
viennent édulcorer ces espoirs. Pour ‘’La Manchette’’, « c’est une tristesse
profonde qui envahi les cœurs » après une nouvelle suspension des travaux sur
fond de positions tranchées de chaque partie à la table du dialogue. Cette
rigidité des postures « risque de conduire le Togo vers une implosion générale si
rien n’est fait pour sauver les meubles », prédit l’hebdomadaire.
A quel niveau les discussions coincent-elles ? ‘’Togomatin’’ répond et donne à
savoir que les pourparlers achoppent sur le retour à la constitution de 1992, un
point sur lequel l’opposition « ne veut rien entendre ». En clair, la coalition se
serait montrée intransigeante vendredi dernier lorsque la question a été
abordée, idem pour le pouvoir qui voit en cette exigence une obstination à
mettre hors-jeu l’actuel président de la République.
C’est donc le « bras de fer » entre le pouvoir et l’opposition, observe ‘’Le
Libéral’’. ‘’Le Messager’’ lui, pointe la coalition qui « demande plus qu’elle n’en
donne ». Il fait remarquer que le pouvoir a « fait un pas » en prenant des
mesures d’apaisement et il revient en principe à l’opposition de faire sa part.
C’est pourquoi ‘’Le Libéral’’ rappelle que « quand on va à une négociation, avec
la ferme ambition de tout gagner, il est fort à parier qu’on finira par tout
perdre ».
De son côté, ‘’Le Magnan Libéré’’ stigmatise les « intérêts partisans » de la
coalition des 14 à ce dialogue. « Veut-on plomber les discussions avec
l’insistance sur le retour à la constitution de 1992 ? » se questionne le confrère.
‘’La Lanterne’’ y va de son commentaire à propos de l’attitude de l’opposition.
Le tabloïd croit savoir que la « logique » de cette dernière est de perpétrer un
« coup d’Etat civil et intellectuel contre Faure Gnassingbé ». Le journal rappelle
que la constitution de 1992 est « vieille et obsolète » et qu’il n’est pas opportun
de revenir là-dessus.
Quoi qu’il en soit, les « positions tranchées » des uns et des autres à ces
pourparlers « risquent de jeter les efforts du gouvernement aux orties », relève
‘’Le Dialogue’’. Ces positions « irréconciliables et diamétralement opposées ont
excédé » le facilitateur, Nana Akufo-Addo, à en croire ‘’Forum de la Semaine’’.
Dans tous les cas, « ça coince » au dialogue mais « l’espoir est encore permis »,
opine ‘’Dounia le Monde’’. Il faut donc « sauver le dialogue », recommande
‘’Le Libéral’’ qui se projette déjà sur l’après discussions.
En cas d’échec du présent dialogue, le pouvoir ne se fera pas prier pour donner
la parole aux Togolais dans les urnes en commençant par le referendum,
mentionne le journal à la lumière des analyses de certains observateurs de la
scène politique. « Si le dialogue échoue, préparez-vous à courir », écrit ‘’Sika’a’’
qui pense que la seule manière d’éviter les dialogues à répétition est de
« construire une société où tout le monde est assujetti aux mêmes lois et à des
institutions fortes ».
L’ancien Premier ministre, Joseph Kokou Koffogoh, se prononce sur la crise
politique que traverse le pays et fait des propositions pour en sortir. Il suggère,
entre autres, d’avoir des textes électoraux consensuels, un fichier électoral et
un cadre électoral transparents et incontestables pour les prochaines
échéances ou alors que Faure Gnassingbé termine son mandat en cours et
s’engage volontairement à ne pas être candidat en 2020, laissant ainsi le soin à
un autre candidat de porter le flambeau du parti.
Justement, ‘’Liberté’’ s’intéresse au second point et revient sur l’attitude de
l’UNIR et ses représentants qui, à l’en croire, font tout pour maintenir Faure
Gnassingbé dans le jeu. Le journal se demande si le parti ne compte pas dans
ses rangs une autre personne « intelligente capable d’être président de la
République à part Faure Gnassingbé ».
Dans un registre différent, ‘’Togomatin’’ rapporte des « menaces de mort » sur
deux journalistes togolais. En mission en Europe, Sam Djobo, Directeur de
Publication de ‘’L’Eveil de la Nation’’ et Arimiyao Tchagnao Directeur de
Publication de ‘’Nouvelle Opinion’’ auraient été « lynchés à coup de messages
salissants et haineux à relents tribalistes par certains individus » qui les
assimilent à des « Missi dominici du pouvoir togolais ». Toute chose qui fait
réagir l’OTM à travers un communiqué dont se font l’écho ‘’Forum de la
Semaine’’ et ‘’Le Magnan Libéré’’. « Sérieusement préoccupée par ces menaces
récurrentes et attentatoires aux libertés de presse, d’expression et d’opinion »
qu’elle condamne du reste, l’instance d’autorégulation « demande aux
formations politiques dont les activistes des réseaux sociaux se réclament, de
condamner formellement ces actes répréhensibles ». Mais pas seulement, le
tribunal des pairs « invite les autorités togolaises à renforcer les mesures visant
à garantir la sécurité et l’intégrité physique des professionnels des médias ».
Au surplus, la presse du jour évoque les mouvements de grève cette semaine
des enseignants et des agents de la fonction publique.
Le Service de Presse/HAAC