Plus de dix jours après la suspension du dialogue inter-togolais, les acteurs
politiques se sont rendus à Accra où ils ont rencontré le facilitateur. Si aucune
date n’a encore été avancée, la coalition annonce la reprise de ses
manifestations de rue pendant que la CENI est à pied d’œuvre pour réussir le
pari de l’organisation des échéances électorales prévues cette année.
Il a été pourtant convenu de l’arrêt de toute manifestation de rue jusqu’au
terme des discussions, mais la coalition des 14 « rompt cette trêve et renoue
avec la rue » la semaine prochaine et ce, pendant quatre jours, relève ‘’Le
Bâtisseur’’. Les organisateurs projettent de faire battre le pavé sur toute
l’étendue du territoire mais en conférence de presse hier à Lomé, le ministre
de la Sécurité s’est voulu clair : tant que les armes seront encore dans la
nature, il est hors de question que les manifestations aient lieu à Sokodé.
Une restriction qui s’étend aussi aux villes de Bafilo et de Mango. « J’ai dit à
l’opposition, écrivez noir sur blanc que nous prenons l’engagement ou que nous
allons marcher à nos risques et périls. Comme ça, s’il y a pépin à Sokodé, je
brandis ça », a précisé le Colonel Yark dans des propos rapportés par ‘’La
Nouvelle Tribune’’.
Pour motiver sa décision de reprendre les marches, la coalition évoque la
poursuite des préparatifs par la CENI des échéances électorales pendant que
les pourparlers sont en cours. Le dernier acte posé par la Commission
électorale est la nomination des présidents des CELI, rappelle ‘’Chronique de la
Semaine’’. De ce fait, ‘’Le Perroquet’’ fait le constat de ce que « Faure
Gnassingbé s’entête yeux fermés, oreilles bouchées et fonce droit vers ‘’son’’
referendum ».
Sauf qu’au vu de la réaction que cela a pu produire du côté de la coalition,
cette nomination a « visiblement plus de portée problématique que résolutive »,
observe ‘’Flambeau des Démocrates’’. « Avec les présidents des CELI, ajoutés à
la CENI et à la Cour Constitutionnelle, deux autres machines à fraudes, tous les
ingrédients sont réunis pour que Faure Gnassingbé remporte toutes les
élections jusqu’à la ‘’fin de sa mort’’ », commente ‘’Liberté’’.
En annonçant des marches pour dénoncer une « supposée violation » des
clauses du dialogue sans même saisir au préalable le médiateur à cet effet,
« l’opposition démontre son impolitesse et son manque de respect à l’endroit du
président Nana Akufo-Addo qui pourtant sacrifie son agenda pour le dialogue
togolais », écrit ‘’Chronique de la Semaine’’.
Il faut dire la poursuite des activités de la CENI n’est pas le seul mobile avancé
par le groupe des 14 pour renouer avec les manifestations de rue. Il a aussi fait
part de la bastonnade des Togolais à Kparatao par des militaires, toute chose
qui, selon lui, va à l’encontre de l’apaisement prôné dans le cadre de ce
dialogue. Sauf que voilà, ces « allégations » ont été « démenties » hier par le
ministre Yark, signalent ‘’Togomatin’’ et ‘’Forum de la Semaine’’.
« Qui sont ces victimes ? J’ai demandé à la coalition de me faire la liste de ces
victimes. Je n’ai rien eu » a laissé entendre le ministre de la Sécurité toujours
dans des déclarations rapportés par ‘’La Nouvelle Tribune’’. A la lumière de ce
démenti, ‘’Chronique de la Semaine’’ assure que « l’opposition est prise en
fragrant délit de mensonge, car personne n’a été bastonné à Kparatao ».
La crise politique au Togo reste un sujet de préoccupation majeure à la CEDEAO
qui n’a pas envie de voir se créer un autre foyer de tension et d’instabilité. La
presse donne à savoir que le président nigérian met en garde contre les
velléités de « refus de l’alternance ». A en croire ‘’Flambeau des Démocrates’’,
les propos de Muhammadu Buhari sont « orientés pour atteindre une cible, le
Togo ». Toutefois, le journal questionne ce que l’on met dans ce refus de
l’alternance.
Et ce n’est pas tout, le président nigérian aurait brandi la menace militaire
contre ceux des dirigeants qui usent de subterfuges pour s’éterniser au
pouvoir. Il n’en faut pas plus pour que ‘’Le Perroquet’’ estime que le pouvoir en
place est « sous menace ». La publication pense aussi qu’en cas d’échec du
dialogue, le pays peut connaître « des lendemains sombres », dans la mesure
où le PNP pourra « déclencher son plan ‘’dos à la mer’’ » susceptible de
« secouer une bonne fois pour de bon les fondements dictatoriaux du régime
RPT/UNIR ». Pour l’hebdomadaire, les parties prenantes aux discussions ont
« l’obligation de mettre au-dessus de tout, les intérêts vitaux des Togolais ».
Le Service de Presse/HAAC