La situation politique concentre l’attention dans les journaux parus ce mercredi.
Il s’appelle Alpha Hassan Mollah, Imam d’une mosquée à Sokodé. Il a été arrêté lundi soir et cette interpellation passe mal auprès de certains Togolais. Conséquence, des « actes de violences » se sont ensuivis « dans plusieurs villes » du pays, observe ‘’Le Magnan Libéré’’. En termes de bilan, on parle de trois morts, de nombreux blessés ainsi que des biens publics et privés saccagés ou brûlés.
Alors, que s’est-il passé pour que l’on en arrive à cette arrestation ? Le gouvernement, à travers un communiqué rendu public hier s’est prononcé sur le sujet et donne à savoir que la mise aux arrêts de ce leader religieux « est intervenue suite aux incitations et aux appels répétitifs à la violence, au meurtre et à la sédition». Pour sa part, ‘’Le Messager’’ aborde un autre aspect dudit communiqué. L’hebdomadaire relève que le gouvernement « condamne les attentats extrémistes » qui se sont produits après cette arrestation et « promet de poursuivre les auteurs et commanditaires conformément à la loi ».
Les leaders des partis coalisés de l’opposition se sont quant à eux rendus au siège du PNP à Lomé qui a brûlé dans la nuit de lundi à mardi. En plus de « condamner les violences, la répression des manifestants, l’incendie du siège du Parti National Panafricain et interpellé le ministre de la Sécurité, ils exigent la libération sans condition de l’imam arrêté », renseigne ‘’Liberté’’.
Quid des manifestations de l’opposition prévues aujourd’hui et demain ? Le gouvernement a décidé de ‘’différer’’ les marches aux week-ends mais les meetings peuvent se dérouler les jours ouvrés. ‘’Vision d’Afrique’’ qualifie cette décision d’ « inquiétante ». Elle « ne repose sur aucune base juridique et légale », renchérit ‘’Le Triangle des Enjeux’’. Cette mesure gouvernementale risque de créer beaucoup de problèmes qu’elle n’en résoudra, souligne ‘’Le Magnan Libéré’’.
L’opposition elle, n’entend pas tenir compte de la nouvelle donne et maintient ses marches aux dates initialement prévues. Cette situation fait planer sur les têtes des Togolais « l’épée de Damoclès de tous les dangers », remarque ‘’La Lanterne’’. Le Togo se dirige-t-il « vers la guerre civile ? » s’interroge ‘’Tingo Tingo’’. « Ça craint … ! » lance ‘’Fraternité’’.
Face à cette situation, Faure Gnassingbé reste « toujours silencieux », note ‘’Tingo Tingo’’. C’est un « mutisme coupable, complice et lâche », assène ‘’Le Nouvelliste’’. « Pourquoi le président de la République se mure-t-il dans un silence suicidaire ? » se questionne ‘’Le Triangle des Enjeux’’. « Faure s’est fait assez attendre et il est désormais temps qu’il se fasse entendre », commente ‘’Vision d’Afrique’’. Par ailleurs, pour ‘’Liberté’’, ceux des tenants du pouvoir qui brillent par le « zèle » et la « répression » des manifestants devront « assumer la responsabilité de leurs actes ou crimes et en répondre le moment venu ».
Dans tous les cas, la « détérioration » de la situation sociopolitique au Togo n’augure pas des lendemains sereins pour le pays, opine ‘’Vision d’Afrique’’. « A-t-on besoin de pousser les incompréhensions jusque-là ? » se demande ‘’La Lanterne’’. De son côté, ‘’Dounia le Monde’’ recommande le dialogue aux protagonistes en vue de mettre un terme à la crise que vit le pays.
Parlant de dialogue, c’est également la prescription d’une partie de la communauté internationale. Une communauté internationale qui « cafouille » à en croire ‘’La Dépêche’’. Ses missions de bons offices « se fourvoient » dans la recherche des solutions à la crise, en affichant une position « partisane » du référendum, indique ‘’Le Nouvelliste’’.
Est-ce la raison du « boycott » de l’opposition de certaines intentions de médiation ? Par ses « surenchères », celle-ci « ne risque-t-elle pas de tout perdre ? » mentionne ‘’Dounia le Monde’’. Le refus de rencontrer certains émissaires risque de lui « coûter cher », car il n’est pas conseillé de « se mettre à dos » la communauté internationale, écrit ‘’Le Magnan Libéré’’.
Dans un tout autre registre, l’OTM, le CONAPP, le PPT, l’UJIT, le SYNJIT, l’URATEL et l’ATOPPEL « condamnent », dans un communiqué conjoint rendu public hier, entre autres, « des menaces verbales et physiques, des faits de violence exercés sur les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier par des manifestants et des forces de l’ordre et de sécurité ainsi que des actions de tout genre les empêchant de se rendre sur leur lieu de travail ou de couvrir les manifestations ». Aussi, ces organisations de presse les appellent-elles à « la prudence, à la vigilance et au respect scrupuleux des règles d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession ».
Le Service de Presse/HAAC