Les journaux parus ce jeudi s’intéressent à la sortie médiatique mardi dernier de Gilchrist Olympio.
Le leader de l’Union des Forces de Changement a décidé de libérer le plancher à la tête de sa formation politique après y avoir passé près de 25 ans. Dans les colonnes de ‘’La Voix du Peuple’’, son conseiller spécial et ministre de son Etat, André Johnson, explique que M. Olympio a pris une « décision sage, vu la nécessité de renouvellement de la classe politique ». Autre analyse dans ‘’The Guardian’’ qui relève que ce départ « sonne comme un mauvais signe annonciateur de la fin du régime de Faure Gnassingbé dont le sort est définitivement scellé ».
Mais Gilchrist Olympio ne sait pas contenté d’annoncer son retrait de la vie politique. Il a également regretté que l’accord RPT-UFC n’ait pas produit les résultats escomptés, recommandé aux acteurs de tous bords de tourner le dos à la violence et surtout à Faure Gnassingbé de ne pas se représenter à l’élection présidentielle de 2020. C’est un « coup de tonnerre », fait observer ‘’La Nouvelle Tribune’’. ‘’The Guardian’’ estime qu’avec cette annonce, l’actuel président de la République « perd un allié de poids et n’a plus d’autre choix que de céder aux revendications des populations qui maintiennent toujours la pression de la rue ».
Gilchrist Olympio qui demande à Faure Gnassingbé de renoncer à briguer un nouveau mandat à la fin de celui en cours, un cadre de l’UNIR lui répond dans ‘’Le Messager’’. Pour Ourna Gnanta, « la question de la candidature du chef de l’Etat relève exclusivement de son parti », Union pour la République. Cette volte-face du président de l’UFC passe également mal auprès de ‘’Waraa les Vainqueurs’’. Le tabloïd pense qu’ « il est trop facile aujourd’hui pour M. Olympio de revenir donner des leçons au pouvoir en place après avoir participé à la gestion du pays pendant sept ans ». « Faure Gnassingbé ne que pousser un ouf de soulagement si l’UFC rompt l’accord, car ses membres promus à des postes de responsabilités se sont montrés inefficaces », commente encore le confrère.
Alors, quelles pourront être les conséquences de ce divorce du parti qui a pour emblème le palmier avec le pouvoir ? D’aucuns estiment que les ministres UFC du gouvernement doivent rendre le tablier. Seulement, ‘’Waraa les Vainqueurs’’ informent que ces ministres et d’autres cadres du ‘’détia’’ « refusent de suivre leur mentor ». Et ce n’est pas tout. Ils auraient même, à en croire le journal, « contacté le chef de l’Etat pour lui demander de déconsidérer les propos de Gilchrist Olympio qu’ils qualifient de nuls et de nul effet ».
Quoi qu’il en soit, il s’agit là pour Gilchrist Olympio une « fin de parcours sans gloire » non seulement parce qu’il n’a pu aller au bout de son combat mais également pour avoir changé de doctrine politique en décidant de s’allier au pouvoir, souligne ‘’Le Changement’’. Et l’homme s’en va rejoindre les rangs de Léopold Gnininvi, Edem Kodjo ou encore Zarifou Ayéva en qui les Togolais avaient placé les espoirs en un moment donné, ajoute la publication. Pour sa part, ‘’Flambeau des Démocrates’’ note que le président de l’UFC sort plutôt par la « grande porte » après sa conférence de presse de mardi dernier.
Pendant ce temps, la pression populaire continue de « monter » dans la rue en attendant le dialogue, souligne ‘’Liberté’’ qui rapporte que la coalition des 14 partis politiques de l’opposition « appelle l’UFC et ses militants à se joindre aux manifestations de rue ». ‘’Flambeau des Démocrates’’ confirme que la mobilisation « ne faiblit pas » contre le régime de Faure Gnassingbé. Faure Gnassingbé qui est « lâché par tous », renchérit ‘’Liberté’’. Le quotidien privé note sans une pointe d’humour qu’il s’agit là de « complots contre le ‘’tchalévi simple’’ ».
Dans le reste de l’actualité, la presse du jour informe de la levée de « l’état de siège » sur la ville de Sokodé et de la tenue en Abidjan du sommet Union Européenne-Union Africaine sur la jeunesse et l’emploi des jeunes. Sommet auquel s’est invitée la crise politique au Togo.
Le Service de Presse/HAAC