L’actualité dans les journaux parus ce vendredi est dominée par l’annonce du retrait de Gilchrist Olympio de la scène politique. Une annonce qui intervient en pleine crise politique.
Alors qu’on s’y attendait le moins, Gilchrist Olympio a convié la presse mardi dernier pour annoncer son intention de passer la main à la tête de l’UFC qu’il préside depuis de nombreuses années, non sans avoir regretté l’accord RPT-UFC qui, selon lui, n’a pu apporter le changement espéré. Il a également invité la classe politique togolaise à se départir de la violence et à œuvrer pour l’unité nationale. Le fils de Sylvanus Olympio a surtout créé la surprise en demandant à Faure Gnassingbé de ne pas briguer un nouveau mandat en 2020.
Pour ‘’L’Alternative’’, c’est un « acte majeur qui fragilise Faure Gnassingbé ». Un « coup de poignard dans le dos du pouvoir en ces moments de vives manifestations politiques », commente ‘’La Lanterne’’. De son côté, ‘’L’Eveil de la Nation’’ assure que le départ de M. Olympio à la tête de l’UFC « va créer des précédents graves au fonctionnement de cette formation qui depuis longtemps s’est identifiée à la personne de Gilchrist ».
« Que devient alors son accord avec le pouvoir ? Et le sort de ses ministres au gouvernement ? » se demande ‘’Le Magnan Libéré’’. La première conséquence de la sortie médiatique de Gilchrist Olympio c’est « la démission ou le rappel par l’UFC de tous les ministres en poste, des préfets et autres cadres qui occupent des postes dans le cadre de l’accord », analyse ‘’L’Eveil de la Nation’’.
Et depuis l’annonce du retrait du président, sa « succession » à la tête de l’Union des Forces de Changement est « ouverte », note ‘’Le Magnan Libéré’’. Alors qui pour lui succéder ? s’interroge ‘’Le Canard Indépendant’’. Les noms de Eliot Ohin et de Pierre Djimongou sont évoqués dans ‘’Le Perroquet’’. Quant à ‘’Togomatin’’, il pense plutôt que le retrait de Gilchrist balise carrément la voix à la « disparition » de l’UFC.
L’autre fait majeur de l’actualité dans la presse du jour c’est la crise politique au Togo. Elle s’est invitée au 5è sommet Union Européenne-Union Africaine auquel a pris part Emmanuel Macron. Le président Français a même pris la parole et ‘’Le Canard Indépendant’’ retient de cette intervention que d’une manière générale, « Macron n’aime pas la présidence à vie ». A propos du Togo, il a laissé entendre que « tout se joue dans les processus électoraux et le pluralisme », rapporte ‘’L’Union pour la Patrie’’. Le numéro un français « demande aux urnes de trancher pour permettre soit une confirmation démocratique soit une alternance », précise ‘’Forum de la Semaine’’. « Il demande à l’opposition d’aller aux urnes et non dans la rue », mentionne ‘’Chronique de la Semaine’’ qui ajoute que la sortie de Macron est un « véritable camouflet pour Jean-Pierre Fabre et ses compagnons ». Dans tous les cas, « la position du président Français n’est pas du tout favorable à l’opposition » togolaise, conclut ‘’L’Eveil de la Nation’’.
La posture d’Emmanuel Macron cette semaine en Abidjan est « la preuve que le cas togolais dépasse la seule France », écrit ‘’Fraternité’’. Et « même si les réponses du président Français ont été empreintes de beaucoup de langue de bois, du moins n’auront pas été tranchées, comme l’aurait souhaité le commun des Togolais, elles ont au moins le mérite d’être franches », opine ‘’Liberté’’.
Quid du dialogue annoncé par le gouvernement ? ‘’Fraternité’’ constate que le pouvoir « traîne les pas ». Pendant ce temps, l’émissaire du président Nana Akufo-Addo qui était à Lomé est « reparti bredouille pour cause de préalables », renseigne ‘’Le magnan Libéré’’. Il faut dire que des rencontres ont eu lieu en vue d’aider le Togo à résoudre la crise. ‘’La Lanterne’’ voit déjà Pascal Bodjona « probable Premier ministre de la transition ». Il a les « atouts » pour être le « pont » entre le pouvoir et l’opposition, renchérit ‘’Le Perroquet’’.
En attendant, le gouvernement fait un pas de plus dans « l’apaisement » avant le dialogue en libérant le Dr Sama du PNP, signale ‘’Togomatin’’. Faure Gnassingbé lui, était à Sokodé où il a appelé à cultiver la non-violence, informent ‘’Chronique de la Semaine’’ et ‘’Le Magnan Libéré’’. C’est une « moquerie bien organisée après avoir fait tabasser certains habitants de Sokodé par des militaires et contrait d’autres à l’exil », dénonce ‘’Le Perroquet’’. Le tabloïd observe que « acculé par les mouvements de contestation, Faure Gnassingbé se rend disponible par des inaugurations ». A propos de l’actuel président de la République, ‘’Fraternité’’ révèle qu’il serait en train de se « chercher un remplaçant », conscient de la difficulté de diriger le pays après 2020.
La mobilisation dans la rue elle, se poursuit. A l’appel de la coalition, des Togolais ont encore marché mercredi et jeudi. Tout s’est globalement bien passé, selon le ministre de la Sécurité.
Le Service de Presse/HAAC