La crise politique au Togo est largement commentée dans les journaux parus ce mardi.

Les rues de Lomé et de l’intérieur du pays ne désemplissent pas. Elles étaient « noires de monde » pour porter les revendications de la coalition des 14 partis de l’opposition, relève ‘’Le Bâtisseur’’. Ils étaient « un million » de Togolais à battre le pavé à cet effet, précise ‘’Actu Express’’. Et cette mobilisation qui « va crescendo au fil des jours rend fébrile le pouvoir », assure ‘’Liberté’’. A en croire le quotidien privé, cette « fébrilité s’est manifestée par les manœuvres entreprises en vain ce week-end pour entraver la mobilisation ». Il s’est agi,  détaille le tabloïd, des « check-points et autres barricades improvisées par la soldatesque à plusieurs points de la capitale sans aucune explication ».  Dans tous les cas, souligne ‘’Actu Expres’’’, les manifestations de l’opposition « ont fait découvrir à Faure Gnassingbé d’autres vocations », lui qui inaugure certains ouvrages par ici et lance la construction d’autres par là.

Pendant ce temps, le président de la République que d’aucuns qualifient d’assez taiseux se prononce sur la situation politique dans son pays. Faure Gnassingbé l’a fait au travers d’une interview accordée au magazine ‘’Jeune Afrique’’ et dont se font l’écho les publications du jour. ‘’Le Médium’’ qui évoque les  « vérités » du chef de l’Etat à l’opposition donne à savoir que ce dernier « ne s’attend pas à ce que le dialogue en préparation s’apparente à une conférence nationale », autant qu’il est convaincu que c’est aux Togolais de trouver une solution à la crise.

Autres morceaux choisis de cette sortie médiatique du président dans ‘’Togomatin’’ : « Les constitutions disposent pour l’avenir, non pour le passé ». Et dans ‘’Liberté’’ : « Cette revendication tardive de la Conférence épiscopale (retour à la constitution de 1992) a d’autant plus surpris qu’on ne l’avait jamais entendue auparavant de sa part, ni lors du dialogue de 2006 ni ailleurs. C’était une erreur d’appréciation de la complexité de la situation ». Sur le traitement de l’information relativement à la crise, Faure Gnassingbé, renseigne ‘’Le Médium’’, a « fustigé les médias internationaux qui ont versé beaucoup plus dans la désinformation et le mensonge, notamment en ce qui concerne le nombre de manifestants et celui des victimes qui ont été, selon lui, exagérément gonflés ».

‘’L’Indépendant Express’’ qui a également lu l’interview du président y a décelé « quatre erreurs qui l’inculpent », entre autres, « son refus d’appliquer l’APG et sa mauvaise appréciation de l’exigence du retour à la constitution de 1992 ». En ce qui concerne son opinion sur la déclaration des Evêques du Togo, ‘’Liberté’’ parle de « contre-vérités ». « Face à toute velléité qui toucherait à son pouvoir, Faure Gnassingbé n’aura visiblement pas d’oreilles pour écouter ni Dieu, ni les hommes. Bref, personne. Cela revient tout simplement à conclure qu’au nom du pouvoir, l’Eglise Catholique a tort devant Faure Gnassingbé. Triste réalité ! » renchérit ‘’Fraternité’’. Le journal pense que dans son interview, le président « s’est moqué de tout le monde, même de Gilchrist Olympio et de l’armée ».

« Au lieu de prendre de la hauteur et être au-dessus de la mêlée, c’est en vrai pyromane que s’est présenté Faure Gnassingbé dans l’entrevue avec Jeune Afrique », constate ‘’Liberté’’ qui pense qu’ « un président ne devrait pas dire » ce que le chef de l’Etat togolais a dit.

Quoi qu’il en soit, pour le « dénouement » de la présente crise, le maître mot reste le « dialogue et rien que le dialogue » à l’issue duquel aura lieu le referendum, indique ‘’L’Union pour la Patrie’’. ‘’L’Indépendant Express’’ ne fait pas la même analyse. L’hebdomadaire perçoit déjà les « prémices de l’échec programmé » de ce dialogue. Pour sa part, ‘’Liberté’’ ne voit pas l’opportunité de ces pourparlers si Faure Gnassingbé « n’a pas encore renoncé à son projet de referendum constitutionnel ».

Dans un registre différent, ‘’L’Alternative’’ commet une enquête sur la « nébuleuse » qui a géré la participation de l’équipe nationale de football  du Togo à la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Gabon.

Et puis, ‘’Fraternité’’ informe que le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a dressé au début de ce mois son rapport annuel sur la liberté de la presse. Le CPI, à en croire le journal, a identifié à travers le monde 262 journalistes « incarcérés en rapport avec leur travail, un nouveau record après une hausse historique de 259 journalistes emprisonnés l’année dernière. La Turquie, la Chine et l’Egypte sont les spécialistes en la matière », écrit-il.

Le Service de Presse/HAAC

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