La crise politique au Togo est le principal sujet traité dans les colonnes des journaux parus ce jeudi.

Mais tout d’abord, nous revenons sur le communiqué de la HAAC rendu public le 14 décembre dernier relativement à l’audition du directeur de publication de l’hebdomadaire ‘’Le Perroquet’’ suite à la publication d’un article mettant en cause le ministre de la Communication dans une affaire de gestion des fonds alloués dans le cadre de la participation de l’équipe nationale de football du Togo à la CAN 2017. Ledit communiqué indique qu’il a été, entre autres, relevé au cours des échanges entre l’instance de régulation et le directeur de publication, « la publication d’informations sans fondements et sans preuves ainsi que le caractère diffamatoire et injurieux de certaines parties de l’article » commis sans vérification auprès du ministre incriminé que l’auteur de l’article dit avoir vainement tenté de joindre pour les besoins de recoupement.

Toutes choses qui sont constitutives, selon la HAAC, de manquements au Code de Déontologie et d’Ethique des journalistes. Le communiqué de la Haute Autorité renseigne également que le directeur de publication du journal ‘’Le Perroquet’’ a, « suivant ses conseils et recommandations présenté ses excuses et s’est engagé à publier dans le prochain numéro de sa publication les rectificatifs et démentis nécessaires ».

Seulement, le directeur de publication de l’hebdomadaire en question qui fait part de son « étonnement », estime que le contenu du communiqué de la HAAC ne traduit pas exactement la réalité des échanges qu’il a eus avec l’instance de régulation. Dans une « mise au point », M. Germain Ayivi parle de « faux » et de « mensonge ». « Le directeur de publication du journal ‘’Le Perroquet’’ n’a jamais présenté des excuses moins encore promis faire un démenti », martèle-t-il. Et d’ « exprimer vivement son indignation et sa totale protestation contre cette attitude de la HAAC qui n’a pas rétabli les faits dans la réalité ».

Par ailleurs, ‘’Le Perroquet’’ qui publie les « précisions » de son directeur de cabinet reproche au ministre de la Communication d’avoir saisi à la fois la HAAC et l’OTM après publication de son article. Le tabloïd pense que ce faisant, « c’est une injure » à l’organe de régulation ; et qu’il aurait plutôt été « convenable » de lui adresser un droit de réponse. « Monsieur Guy Madjé Lorenzo doit revoir ses cours du Droit de la Communication », écrit le confrère.

Le plat de résistance de cette revue est la crise politique et l’interview de Faure Gnassingbé dans le magazine ‘’Jeune Afrique’’ qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. ‘’Liberté’’ rappelle que le président togolais y a fait « son petit malin ». Pour ‘’Le Changement’’, le président Faure a, au cours de l’entrevue, « jeté la confusion dans les esprits et mis le feu aux poudres ».

De son côté, ’Le Patriote’’ prend acte de cette sortie du chef de l’Etat dans la mesure où elle fera « tâche d’huile », mais pourquoi n’avoir pas choisi de s’adresser « directement » à son peuple ou à tout le moins, d’accorder cette entrevue à un organe de presse local ? se questionne-il. L’hebdomadaire assure que « cette manière de Faure Gnassingbé de se montrer toujours disponible lorsqu’il n’est qu’en face des confrères étrangers ressemble à un mépris non seulement pour les médias locaux mais aussi pour le peuple ».

De cet entretien, ‘’Le Perroquet’’ aussi en parle, précisément la partie concernant les partis qui pourront éventuellement prendre part au dialogue en vue. Le journal a décelé dans les propos du président un « véritable nouveau piège sans fin en vue de la pérennité du régime RPT/UNIR ».  C’est pourquoi l’opposition doit « murir sa stratégie de combat », surtout que « le pouvoir a tout verrouillé avant la tenue ou non du referendum », exhorte ‘’Le Changement’’. Pour l’heure la priorité semble ne pas être l’organisation du referendum mais plutôt le dialogue. Finalement, la « marche » vers ces pourparlers est si « difficile », observent ‘’Echos du Pays’’. Vivement que ces discussions ne soient pas celles de trop, implore la publication.

Un dialogue de trop, cela en prend le chemin, opine ‘’Liberté’’ qui donne à savoir que le pouvoir est en train de « manœuvrer pour contourner la médiation de la CEDEAO ». Ce qui « complique davantage la résolution de la crise », note le quotidien privé. Conséquence, ce dialogue « risque d’être boycotté par l’opposition », relève ‘’Le Changement’’. Justement, pousser la coalition des 14 au boycott des pourparlers, c’est exactement ce que recherche Faure Gnassingbé à travers l’ouverture par le gouvernement des consultations de ses « partis béquilles » afin de « s’offrir un canevas pour 2030 », croit savoir ‘’Fraternité’’.

Sur un sujet différent, ‘’Le Perroquet’’ souligne que l’armée togolaise est le « problème cardinal de l’impossible alternance politique », elle qui constitue un atout considérable pour le président de la République. Mais ce que Faure Gnassingbé a oublié, c’est que ces armées que l’on disait fidèles aux régimes qu’elles soutiennaient ont fini par les « lâcher », analyse ‘’Liberté’’ qui pense que la « triste fin » de Ben Ali, Hosni Moubarak, Muammar Kadhafi et Blaise Compaoré « devrait instruire » le chef de l’Etat togolais.

Le Service de Presse/HAAC

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