Le dialogue politique au Togo est encore à la une des journaux parus ce lundi.

Le 27è dialogue politique inter-togolais n’a pas encore refermé ses portes que
certaines publications ne croient pas à l’aboutissement heureux de ces
pourparlers. Pour ‘’Liberté’’, ces discussions sont une « supercherie de plus » à
cause de la « mauve foi caractérisée des tenants du pouvoir ». Conséquence,
« la rue risque de gronder à nouveau et, vraisemblablement plus fort », prédit le
quotidien privé.

Analyse différente dans les colonnes de ‘’Le Libéral’’ qui observe que
l’opposition togolaise « à la recherche d’une boussole fait du rétablissement de
la constitution de 1992 un bouclier », dirigeant sa lutte « sur une seule
personne ». En insistant pour que Faure Gnassingbé ne soit pas candidat en
2020, la Coalition des 14 « affiche aux yeux du monde sa peur » d’affronter ce
dernier dans les urnes, commente ‘’Nouvelle Opinion’’.

De son côté, ‘’Le Correcteur’’ voit en l’armée togolaise, une composante
essentielle dans la résolution de la présente crise. Le bihebdomadaire pense
que la CEDEAO devrait rencontrer la haute hiérarchie des FAT pour savoir si
c’est la grande muette qui s’oppose au départ de l’actuel président de la
République du pouvoir. « Il est temps que la CEDEAO aide le peuple togolais à
retrouver la vraie stabilité pour faciliter le vrai développement et non un
développement du bout des lèvres et de façade », écrit le tabloïd.

Quant à ‘’Courrier de la République’’, il estime que l’attaque survenue il y a
quelques jours à Ouagadougou au Burkina Faso devrait instruire les uns et les
autres, dans la mesure où la situation d’ « instabilité institutionnelle et sociale
est l’atmosphère rêvée des terroristes » pour leur besogne. Dans tous les cas,
ajoute le confrère, « ce dialogue doit solder définitivement les sempiternelles
crises dont les populations se lassent depuis des années ». Autant dire qu’ « un
faux-pas ou une erreur de nos hommes politiques ne pourra plus être accepté
par le peuple », poursuit-il.

Certaines associations de la société civile togolaise se montrent actives et
offrent des pistes pour une sortie de crise. C’est le cas de Togo Debout qui
compte organiser dans les prochains jours des activités dans ce sens.
‘’Togomatin’’ évoque une position de Togo Debout « entre passion et
récupération politique, car cette prise de position actuelle risque de nuire au
déroulement des pourparlers ».

Pendant ce temps, ce n’est pas la grande sérénité dans les rangs de la coalition
des 14 à en croire ‘’Le Libéral’’ qui se demande si l’on n’avance pas « vers un
isolement du PNP ». La pomme de discorde viendrait de la participation ou non
aux prochaines consultations électorales. Pendant que d’autres formations
politiques et non des moindres, membres de la coalition n’entendent pas voir
les rendez-vous électoraux prévus cette année se tenir sans elles, le PNP ne se
situerait pas dans cette logique selon l’hebdomadaire qui questionne l’issue de
cette mésentente susceptible d’entraîner soit la perte de vitesse du Parti
National Panafricain ou alors la perte de popularité de Jean-Pierre Fabre, chef
de file de l’opposition.

Justement, parlant du PNP, ‘’Nouvelle Opinion’’ constate que ses « premiers
responsables gardent un silence complice » depuis que des individus se
réclamant de ce parti exercent des menaces sur des journalistes. Le journal
souligne qu’ « il est impérieux que le PNP ou son staff revoit ses copies ou alors
il obligerait l’Etat à prendre des mesures qui permettent de préserver les uns et
les autres ».

Qu’à cela ne tienne, la même publication renseigne que la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) est à pied d’œuvre pour la réussite
des prochaines consultations électorales. Ainsi qu’informe l’hebdomadaire, elle
a procédé jeudi dernier à la nomination de 38 magistrats à la tête des
Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). Ce faisant, c’est une
« provocation de plus du peuple togolais », relève ‘’Liberté’’. « Une provocation
de trop » renchérit ‘’Le Correcteur’’ qui considère également cette posture
comme un « pied de nez » au dialogue en cours.

Par ailleurs, ‘’Liberté’’ donne à savoir qu’une grâce présidentielle est accordée
« ‘’clandestinement’’ » en 2017 à l’ancien Premier ministre, Eugène Koffi
Adoboli, entre-temps condamné par la justice togolaise pour détournement de
deniers publics.

Au surplus, les publications du jour mentionnent que le groupe de travail mis
sur pied pour résoudre les problèmes dans le secteur de l’éducation exhorte les
enseignants à suspendre leurs mouvements de grève pour faire place au calme
et à la sérénité.

Le Service de Presse/HAAC

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