Que se passe-t-il au sein de la coalition des 14 partis de l’opposition ? La question taraude nombre de Togolais depuis que la PNP a décidé de ne pas faire route avec les autres formations politiques membres de la C14, du moins en ce qui concerne les prochaines manifestations. Cette posture du parti de Tikpi Atchadam est diversement interprétée.
« Déjà le divorce ? » s’interroge ‘’Dounia le Monde’’. ‘’La Dépêche’’ voit « du rififi » dans les rangs des partis coalisés pendant que ‘’Tingo Tingo’’ déplore la « résurgence de la vielle maladie » nommée division de l’opposition togolaise. Plus qu’un simple retour de la bisbille, ‘’Dounia le Monde’’ assure que cette fois-ci c’est vraiment sérieux puisque « les prémices d’une séparation de corps entre les époux (Jean-Pierre Fabre et ses amis et le PNP) sont là, tangibles et palpables », même si, poursuit le confrère, « le divorce n’est pas encore consommé, du moins définitivement ». Raison ? « La fiancée (PNP) aurait été suffisamment violée avant l’échéance », insiste l’hebdomadaire.
Dans la veine de cette présentation allégorique, ‘’Le Messager’’ donne à comprendre la « non-participation » du PNP aux meetings de la C14 dans une ambiance qui exhale « la guerre des clans avant les législatives ». Pour la publication, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures ; en se désolidarisant de l’initiative d’organiser des manifestations dans des localités telles Sokodé, Bafilo ou encore Mango, le PNP a décidé tout simplement de tourner le dos aux actes de « vandalisme » et de la violence qui ont pendant longtemps caractérisé la coalition.
Sur le sujet, ‘’Vision d’Afrique’’ questionne l’attitude du PNP : le refus de cautionner les meetings dans les localités citées supra relève-t-il d’une stratégie ou faut-il juste le considérer comme un début de « bons sens » dans les rangs de ce parti ? ‘’Le Libéral’’ assure que c’est un repli stratégique du leader du PNP pour « protéger son fief ».
Cependant, ‘’Fraternité’’ donne à lire la perception de la coalition sur la décision du PNP de ne pas s’associer aux manifestions prévues ces jours-ci. Le journal se fait l’écho des propos de la coordonnatrice de ce regroupement qui explique que leur allié ne veut pas se joindre aux meetings « parce que le régime est susceptible de semer des troubles et les mettre sur le dos du PNP ». Cette sortie vient « recadrer le débat et dissiper le doute au sein de l’opinion », commente le tabloïd.
Quoi qu’il en soit, cette dissonance au sein de la C14, souligne ‘’Liberté’’, tombe mal dans la mesure où elle est enregistrée à quelques jours de la tenue à Lomé du sommet de la CEDEAO qui va probablement plancher sur des recommandations en vue d’aider le pays à résorber la crise politique. Lesquelles recommandations seront « déterminantes pour le Togo », selon l’Ambassadeur de France, Marc Vizy dont les propos sont rapportés dans les colonnes du quotidien privé.
Dans le même temps, le chef de l’Etat fait libérer les personnes arrêtées et détenues dans le cadre des manifestations enclenchées le 19 août 2017. Des suites de la grâce présidentielle, signalent ‘’Forum de la Semaine’’ et ‘’Le Libéral’’ qui précisent que ces mesures vont dans le sens de l’apaisement prôné par les premières autorités du pays. Hormis les sept détenus élargis par grâce présidentielle, 12 autres recouvrent la liberté, ce qui porte le nombre à 19, ajoute ‘’Togomatin’’ non sans mentionner que ces efforts du président de la République devraient avoir leurs pendants du côté de l’opposition.
Faure Gnassingbé pouvait aller au-delà des 19 personnes libérées. « On n’a pas demandé de libérer certains détenus mais tous les détenus (…) Qu’on cesse de prendre les Togolais pour de vieux connards », fulmine ‘’Tingo-Tingo’’. Effectivement, le chef de l’Etat pouvait « mieux faire », il pouvait carrément « décréter l’amnistie générale », opine ‘’La Dépêche’’.
En outre, ‘’Dounia le Monde’’ rappelle que la polémique « Atchadam Zéwa » (Atchadam a fui) a « secoué » l’édition 2018 des luttes traditionnelles en pays kabyè. Bientôt ce sera « Faure dewa » (Faure a fui), ironise ‘’Liberté’’ qui renseigne que le président togolais est « de plus en plus seul ». Même s’il pouvait avoir le soutien de ses pairs, il peut exclure celui d’Alpha Condé, car le « franc-parler » du Guinéen « agace » plus d’un au sein du régime.
Le Service de Presse/HAAC