La situation post-électorale au Togo a ouvert hier un nouveau chapitre avec la demande de levée de l’immunité parlementaire d’Agbéyomé Kodjo qui conteste toujours les résultats. Les douze (12) journaux parus ce jeudi s’en font l’écho. Analyses et commentaires.

Même les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle n’ont pas réfréné sa contestation des chiffres officiels de la dernière élection présidentielle. Agbéyomé Kodjo a arboré une posture présidentielle en nommant, entre autres, son Premier ministre. Mais au-delà de toute considération, « derrière ce combat, se joue en réalité la crédibilité d’un homme qui est aujourd’hui obligé de faire les prolongations pour alimenter l’illusion d’une possible prise du pouvoir, même si plus grand monde, y compris dans son entourage, n’y croit », analyse ‘’Focus Infos’’.

Seulement, depuis hier, « la contestation électorale a glissé sur le terrain judiciaire », observe ‘’Flambeau des Démocrates’’. En effet, le candidat arrivé 2è au dernier scrutin a connu un « mercredi mouvementé » avec une invitation à l’Assemblée nationale pour être entendu par une commission mise en place à la suite de la demande de levée de son immunité parlementaire, note ‘’Liberté’’. A cela s’ajoute l’encerclement de son domicile par des « corps habillés » relève encore le quotidien privé. Mais le président du MPDD s’est fait représenter à ce rendez-vous avec les membres de la commission parlementaire ad hoc par l’honorable KPEEVEY Gabi Gadjo de son parti, renseigne ‘’Le Tonnerre’’.

Qu’à cela ne tienne, Agbéyomé Kodjo est « toujours dans le collimateur de la justice togolaise », mentionnent ‘’Waraa les Vainqueurs’’. ‘’Liberté’’ confirme et assure que « l’épée de Damoclès plane toujours » au-dessus de l’ancien Premier ministre, même si, révèle le quotidien, le sérail est « divisé » en ce qui concerne l’opportunité des poursuites judiciaires contre l’ancien Directeur général du port autonome de Lomé. En outre, le journal donne à savoir qu’après l’ancien président de l’Assemblée nationale, « d’autres personnes sont dans le viseur des ‘’sécurocrates’’ de Faure Gnassingbé ».

La procédure de levée de l’immunité de M. Kodjo est subséquente à la demande du procureur de la République qui égraine des griefs contre lui. Mais voilà, au lieu que Mgr Fanoko Kpodzro laisse l’intéressé répondre de ses actes, il « se constitue en bouclier pour lui éviter de répondre à la convocation du parlement », signale ‘’Chronique de la Semaine’’. « Cet homme est-il de Dieu ou du diable ? » s’interroge l’hebdomadaire. Une autre interrogation dans les colonnes de ‘’Le Changement’’ : « à quoi servira au juste une arrestation du candidat de la dynamique Mgr Kpodzro ? ». La publication ne comprend pas « pourquoi les autres candidats de l’opposition ne se mettent pas ensemble pour revendiquer la victoire ». A en croire ‘’Le Bâtisseur’’, Aimé Gogué croit lui aussi que Faure Gnassingbé « n’a pas gagné » la présidentielle du 22 février 2020.

Pendant que Agbéyomé Kodjo conteste les résultats du dernier scrutin, Jean Pierre Fabre lui, demande son annulation et l’organisation d’une nouvelle élection, informe ‘’Flambeau des Démocrates’’. A ce sujet, ‘’Le Changement’’ s’empresse de signaler que c’est « une perte de temps, d’énergie et d’argent », car cette démarche ne prospèrera pas.

Pour ‘’Waraa les Vainqueurs’’, Aimé Gogué et Jean Pierre Fabre sont tout simplement de « mauvais perdants » qui feraient mieux de rechercher les causes profondes des échecs répétés de l’opposition aux différentes élections. Quant au président réélu, il fait « désormais face aux défis de l’heure », ajoute le confrère. Faure Gnassingbé doit surtout « honorer ses engagements », renchérit ‘’Flambeau des Démocrates’’ qui pense qu’au besoin, le chef de l’Etat doit « se débarrasser de ses mauvais et corrompus collaborateurs ».

‘’Le Rendez-vous’’ s’intéresse particulièrement à Faure Gnassingbé. A en croire l’hebdomadaire, le président togolais serait « la dernière béquille de la France » en plus d’être l’« hideux symbole des longs règnes ». Par ailleurs, le tabloid note une « concentration de tous les leviers du pouvoir entre les seules mains d’UNIR ». Et de se demander si l’on ne s’achemine pas « vers un retour programmé du parti unique ».

Les confrères ont également réservé quelques colonnes au coronavirus. A la suite du communiqué rendu public mardi dernier et faisait état de ce que la patiente atteinte du virus ne présente plus les signes pour lesquels elle avait été hospitalisée, d’aucuns ont fait croire que le gouvernement s’était trompé en annonçant la présence d’un cas au Togo. C’est « une polémique malsaine et contre-productive », commente ‘’Togomatin’’. ‘’Liberté’’ insiste qu’il s’agit d’un « mensonge d’Etat » que d’avoir soutenu que le Togo a enregistré son 1er cas. « On serait dans un pays normal que et le chef du gouvernement et le ministre de la santé devraient être démis de leur fonction », écrit la publication.

Au surplus, la presse du jour annonce le décès hier de Holonu Hounkpati, Directeur de publication de ‘’Carreffour’’ des suites d’une courte maladie.

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