Les déboires politico-parlementaires d’Agbéyomé Kodjo sont à la Une de la dizaine de journaux parus ce vendredi.
Ainsi que renseigne la presse du jour, l’on pourra être fixé ce vendredi sur les suites de la demande de levée de l’immunité d’Agbéyomé Kodjo introduite auprès de l’Assemblée nationale par le procureur de la République. Alors qu’il était attendu mercredi dernier à la Représentation nationale pour être entendu par une commission spéciale mise en place à cet effet, le candidat arrivé au 2è rang selon les chiffres officiels de l’élection du 22 février 2020 avait, en croire ‘’Le Canard Indépendant’’, envoyé déposer sur la table de cette commission un « courrier d’argumentation » sur les griefs portés contre lui. Toujours selon l’hebdomadaire, l’ancien Premier ministre a, dans sa missive, réfuté les accusations portées contre lui.
‘’L’Alternative’’ elle, croit savoir que la séance de mercredi à laquelle M. Kodjo n’a pu prendre part « n’a pas du tout été facile », car deux clans s’opposent : d’un côté, le clan de ceux qui ne sont pas pour la levée de l’immunité parlementaire du président du MPDD suivie de son emprisonnement et de l’autre, celui de ses contempteurs qui « veulent sa tête ». Quoi qu’il en soit, note ‘’Togomatin’’, « il sera difficile pour le ‘’président raté’’ de s’en sortir, au vu de tout ce qu’on lui reproche ». « L’imposteur Agbéyomé Kodjo bientôt pensionnaire d’une prison civile du Togo », renchérit ‘’L’Eveil de la Nation’’.
Parlant de prison, Mgr Fanoko Kpodzro a laissé entendre qu’il faudrait l’enjamber avant d’y envoyer Agbéyomé Kodjo, rapporte les confrères. Une posture que ‘’Togomatin’’ a du mal à s’expliquer. « Pourquoi Monseigneur Kpodzro s’agite-t-il ? » écrit le quotidien privé avant de souligner que les agissements du candidat Agbéyomé sont constitutifs d’actes de « rébellion » et d’« anarchie » qu’aucun Etat ne saurait tolérer.
L’Archevêque émérite de Lomé a, depuis quelques jours, élu domicile chez l’ancien président de l’Assemblée nationale. La maison du candidat au dernier scrutin elle-même encerclée par des éléments des forces de sécurité. ‘’L’Alternative’’ parle de « Gestapo à l’œuvre ». Dans la même veine, ‘’Liberté’’ évoque « la terreur d’Etat et l’instrumentalisation des institutions » comme « seule source de légitimité pour Faure Gnassingbé ». Pour le quotidien privé, c’est une « drôle de ‘’victoire sans bavure’’ » du président sortant que de « s’acharner contre le ‘’perdant’’ » et de procéder à des « enlèvements » de ses proches. En ce qui concerne ces ‘’enlèvements’’, ‘’L’Alternative’’ et ‘’Liberté’’ informent qu’ils sont « dénoncés et condamnés » par la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) et par le Front Citoyen Togo Débout (FCTD).
Qu’à cela ne tienne, en attendant sa prestation de serment, Faure Gnassingbé continue d’être félicité pour sa réélection, mentionnent ‘’Togoréveil’’, ‘’L’Eveil de la Nation’’, ‘’Vérité des Peuples’’, ‘’Togo-Presse’’ et ‘’Togomatin’’. ‘’Libérté’’ relativise tout cela et fait observer que ni Paris, encore moins les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas adressé leurs félicitations au numéro un togolais. Toute chose qui, selon le confrère, « prouve que le vrai vainqueur, ce n’est pas vraiment celui proclamé ».
L’autre sujet phare dans les colonnes des publications du jour reste le coronavirus. Une sorte de confusion règne après que la patiente entre temps mise en quarantaine a été déclarée bien portante et ne présentant plus les signes pour lesquels elle avait été hospitalisée. Le gouvernement gagnerait à instaurer une communication dénuée de toute ambiguïté, suggère ‘’Le Canard Indépendant’’. Pour ‘’L’Alternative’’, le gouvernement a « menti » sur la présence de cette pandémie au Togo. Pendant ce temps, les bourses poursuivent leur chute libre à cause de ce COVID 19, relève ‘’L’économiste’’.
En outre, ‘’Liberté’’ informe que les Etats-Unis d’Amérique ont publié cette semaine leur rapport 2019 sur les droits de l’Homme dans le monde. A en croire le journal, il en ressort que « la situation du Togo n’a pas connu d’évolution ». « L’impunité était endémique et les responsables d’abus n’ont pas été poursuivis ».
Le Service de Presse/HAAC