Dans leur livraison du jour, les publications évoquent quatre sujets principaux : les manifestations nées de la hausse des prix des produits pétroliers, les perturbations dans le secteur de l’éducation, les élections locales et le changement intervenu à la tête de l’Office Togolais des Recettes (OTR).
Mais avant, l’’’affaire’’ LCF-City Fm. ‘’Gapola.net’’ informe que c’est demain que la Cour Suprême se prononcera sur le recours introduit par le groupe Sud Media pour abus de pouvoir de la HAAC, suite au retrait des fréquences à ces deux stations. Par ailleurs, ‘’Icilomé.com’’ renseigne que le personnel des deux chaînes est interdit d’accès au locaux de leur employeur.
Hausse des prix des produits pétroliers
Après avoir fait observer que la dernière hausse est « impopulaire », ‘’Courrir de la République’’ relève que « l’épanouissement du peuple reste le dernier souci des gouvernants » togolais.
« Au Togo, les gouvernants font ce qu’ils veulent, quand ils le veulent et exactement comme ils le veulent. Sinon, comment un gouvernement peut-il décider de la hausse des prix des produits pétroliers sans au préalable préparer la population à cette nouvelle ? » écrit ‘’La Voix du Peuple’’. « Vous servez quel peuple ? Au secours mon pays va mal ! Faure doit balayer sa maison », martèle l’hebdomadaire qui conclut : « le Togolais est fatigué de la désinvolture avec laquelle on le traite ».
Pour ‘’Courrier de la République’’, « le pouvoir s’essouffle petit à petit et est sur le point de s’écrouler bientôt ». Le journal pense que « le peuple doit se mobiliser comme un seul homme pour accompagner le pouvoir moribond à sa dernière demeure ».
Pas seulement le peuple mais aussi l’opposition qui doit pouvoir « profiter » de ces moments d’incertitudes. « Opposition togolaise, prends tes responsabilités et use de ton intelligence, en ces heures de doute du pouvoir, pour démontrer que tu n’es pas ce que l’on croit », encourage le confrère. Et d’ajouter que s’il était Faure Gnassingbé, il s’opposerait aux hausses « farfelues » des prix des produits pétroliers pour ne pas « éprouver ses compatriotes déjà malmenés par le cours de la vie ».
Il faut relever que le gouvernement togolais n’a pas brillé par une communication assez élaborée sur la question. Et selon ‘’Le Combat du Peuple’’, le Premier ministre Komi Sélom Klassou a « une lourde responsabilité » dans ce « déficit de communication ».
De son côté, Gilchrist Olympio appelle, dans les colonnes de ‘’La Voix du Peuple’’, « au calme et à la retenue » en ce qui concerne les manifestations consécutives à cette augmentation des prix.
Tentatives de sortie de crise dans le secteur de l’éducation
Le groupe de travail mis sur pied par le gouvernement était face à la presse vendredi dernier pour présenter le contenu du relevé des conclusions après plusieurs rencontres. Il demande aux enseignants, entre autres, d’observer une trêve de deux semaines pour permettre au gouvernement de donner une suite à la demande de revalorisation de la prime de la fonction enseignante.
Ce relevé de conclusions fera-t-il l’unanimité dans la famille syndicale des enseignants ? « L’adhésion totale des autres syndicats n’est pas garantie », répond ‘’La Voix du Peuple’’. Là-dessus, ‘’Liberté’’ et ‘’Forum de la Semaine’’ informent que la CSET et la FESEN « rejettent la trêve et entrent en grève dès ce matin ».
D’aucuns estiment déjà que la mission de ce groupe de réflexion s’est soldée par un échec. Finalement, « quelles pistes pour une sortie de crise ? » s’interroge ‘’Nouvelle Opinion’’. La solution c’est le dialogue avec les vrais acteurs de la crise, indique ‘’Courrier de la République’’. ‘’La Voix du Peuple’’ suggère de « convoquer les états généraux de l’éducation pour diagnostiquer et soigner le mal une fois de bon ». Il faut « rétablir la confiance entre les acteurs pour désamorcer cette crise », souligne ‘’Lettre de la Kozah’’.
Et ce n’est pas tout. « Les enseignants doivent adopter des comportements qui sont de nature à éviter la radicalisation ». Aussi, poursuit le confrère, « les émissaires du gouvernement doivent-ils revoir leur discours pour éviter que la situation ne s’enlise ». Justement, parlant de la nécessité de ramollir le discours gouvernemental, ‘’Courrier de la République’’ note que les propos du ministre Gilbert Bawara sont très souvent « provocateurs » et ne favorisent pas un climat de sérénité et d’apaisement pour un dialogue fructueux. L’autre chose qui risque « d’embraser le front social, ce sont les précomptes anarchiques et disproportionnés sur les salaires des enseignants », complète ‘’Le Correcteur’’ qui s’interroge : « Vous avez dit mandat social ? »
Le tabloïd se demande « à qui profite au juste le pourrissement de la situation orchestré par le pouvoir ». A sa suite ‘’Le Correcteur’’ questionne le « silence » de Faure Gnassingbé face à la « déflagration sociale ».
Changement à la tête de l’OTR
Henri Gapéri s’en va et c’est Kodjo Adédzé qui lui succède. Ce dernier va devoir relever de nouveaux défis, mentionne ‘’Lettre de la Kozah’’. Il « promet prendre la mesure de la mission et de relever le défi qui s’impose », renchérit ‘’Nouvelle Opinion’’.
Si ‘’Le Combat du Peuple’’ s’attarde sur les « insuffisances » du Rwandais, ‘’Courrier de la République’’ assure que c’est un « grand mensonge » que d’expliquer que M. Gapéri a réussi sa mission à la tête de l’Office Togolais des Recettes. « Tout le monde sait que Gapéri a échoué dans sa mission ; il a contribué, de par son inflexibilité, à rendre exsangue notre économie avec des approches expérimentales qui ont conduit au pire », insiste l’hebdomadaire.
‘’Golfe Info’’ remarque que l’ex-commissaire général est « devenu le souffre-douleur de tous, comme s’il était à lui seul, la source de tous les maux dont souffrait le pays ». Pourtant, nuance la publication, « ce dernier n’était qu’un exécutant, un parfait commis, au service d’un pouvoir, comptable de ses actes, de ses décisions, de ses représentants devant la nation ».
Dans un registre différent, les confrères ont abordé le sujet relatif aux élections locales. Il y a quelques jours, certains journaux ont accusé le pouvoir de manœuvrer pour débaucher des représentants de l’opposition en vue d’assumer certaines responsabilités. Réagissant à ces rumeurs, le ministre de l’Administration territoriale estime dans les colonnes de ‘’La Voix du Peuple’’ et ‘’Nouvelle Opinion’’ que l’opposition devrait plutôt se réjouir. « Au lieu des critiques, l’opposition ferait mieux de laisser ses militants apporter leur contribution », aurait-il déclaré.
En outre, ‘’Le Combat du Peuple’’ fait un focus sur les réseaux sociaux et le « piège » de leurs « fausses informations ». Le journal exhorte les autorités compétentes à « légiférer » et prévoir des « sanctions exemplaires » contre les auteurs de montages et autre publication d’informations non vérifiées.
Au surplus, l’hebdomadaire présente le président de la Cour Constitutionnelle comme « l’empêcheur de tourner en rond » dans la réforme pour l’indépendance de la justice au Togo. A l’en croire, il exercerait la pression sur certains magistrats.
Et puis, ‘’Liberté’’ rapporte qu’il y a « blocage de la proposition de loi modificative des articles de la Constitution ». Et les députés de l’ANC ont saisi la Cour Constitutionnelle à cet effet.