Les journaux parus ce vendredi s’intéressent à la crise politique au Togo dont les lignes semblent commencer par bouger.
C’est une observation de ‘’Canal D’’ : « après l’équilibre des terreurs dans la rue, les choses se précisent pour le dialogue togolais ». L’hebdomadaire rappelle que les pourparlers pourraient s’ouvrir mardi prochain comme annoncé à l’issue de la rencontre de Conakry entre le président en exercice de l’Union Africaine et la coalition de l’opposition. Le dialogue est certes annoncé pour bientôt « mais reste à savoir si le pouvoir de Faure Gnassingbé est véritablement disposé à se rendre autour de la table de négociation », écrit ‘’L’Alternative’’ qui parle d’ « incertitude » dans le dénouement de la crise. Il faut dire qu’au sortir de ces échanges avec le Prof. Alpha Condé, l’opposition a rendu public un document faisant le point des discussions qu’elle a eues avec le chef de l’Etat guinéen. Ledit document insiste sur les préalables qu’il faut satisfaire avant le démarrage du dialogue.
Sauf qu’à en croire ‘’Togoréveil’’, le rendu tel que fait par la coalition ne correspond pas tout à fait à la réalité du contenu des échanges. Le confrère révèle qu’en réalité, la délégation du groupe des 14 est allée « négocier » le point sur la limitation du mandat des députés, car la plupart des élus de l’opposition ont déjà fait les deux mandats et ne seraient pas prêts à rester sur le carreau. L’autre récrimination faite à la coalition est son insistance sur la médiation dans la crise togolaise. ‘’L’Eveil de la Nation’’ souligne que plusieurs noms ont été cités à savoir les présidents béninois, nigérien, burkinabé, ivoirien, ghanéen et guinéen. Conclusion de l’hebdomadaire : « trop de médiation tue le dialogue ». De son côté, ‘’Le Canard Indépendant’’ évoque « l’impossible entente togolaise » entre les acteurs qui ne sont pas trop enclins à faire des concessions.
Qu’à cela ne tienne, il faut se réjouir de l’annonce, même si tout cela n’est pas encore officialisé, de la date du dialogue, car elle constitue peut-être une « lueur d’espoir pour la résolution de la crise », relève ‘’Vérité des Peuples’’. Dans la même veine, ‘’Canal D’’ assure que le citoyen lambda place son espérance dans ces discussions au cours desquelles l’intérêt général doit primer.
Et ‘’L’Eveil de la Nation’’ d’embrayer là-dessus pour rappeler aux protagonistes les erreurs à éviter absolument, notamment le radicalisme, l’invective. La publication leur prescrit aussi la prise de hauteur, car la communauté internationale a les yeux rivés sur le Togo et ses hommes politiques ont l’occasion de lui montrer qu’ils sont matures. Particulièrement à l’endroit de l’opposition qui, selon le tabloïd « tourne en rond et risque d’être enfermée dans son propre piège », il lui suggère de surseoir à ses marches pour donner une chance au dialogue, car les maintenir s’apparenterait à une « menace ». Le journal estime que le pouvoir a déjà consenti beaucoup d’efforts à travers la prise d’un certain nombre de mesures d’apaisement, malheureusement, cette « main tendue bute sur le radicalisme de l’opposition », déplore-t-il.
Si la perspective de l’ouverture imminente du dialogue est réjouissante du côté de l’opposition, « il faudra attendre la suite que le pouvoir réserve à ces pourparlers, car depuis quelque temps, le régime en place ne semble pas accorder d’importances à ces assises », opine ‘’Le Tonnerre’’.
Dans tous les cas, le Prof. David Dosseh prévient toujours chez le confrère que l’échec de ce dialogue-ci risque d’être porteur de lendemains sombres pour le Togo, attendu que certains auront beau jeu d’opter pour la violence en arguant que la voie pacifique n’a rien donné. Quoi qu’il en soit, « la classe politique doit s’engager sur la voie de l’armistice », prescrit Agbéyomé Kodjo dans les colonnes de ‘’Forum de la Semaine’’.
En outre, ‘’Forum de la Semaine’’ et ‘’Togoréveil’’ informent que Ouro-Koura Agadazi accuse Tikpi Atchadam d’être « dans la logique djihadiste avec l’intention d’instaurer la charia ». ‘’Liberté’’ qualifie les déclarations du ministre de l’Agriculture de « réquisitoire et indignation sélective » et note que c’est la « partition » du Colonel Agadazi dans la « campagne de diabolisation d’Atchadam et du PNP ».
Par ailleurs, la presse du jour donne à savoir que le FPD du député Djimon Oré est vidé de ses cadres qui ont rallié le PNP.
Et puis, dans un registre différent, ‘’L’Alternative’’ et ‘’Liberté’’ révèlent que la Banque Islamique de Développement (BID) a notifié aux autorités togolaises l’arrêt des financements des projets prévus cette année. Selon les deux journaux, cette mesure est la « conséquence » du vote du Togo en décembre 2017 contre la résolution de l’ONU condamnant la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël. A les en croire, d’autres bailleurs arabes « menacent » d’emboiter le pas à la BID.
Le Service de presse/HAAC