Le dialogue politique au Togo fait la une des journaux parus ce mercredi.
Selon un communiqué signé des émissaires des présidents ghanéen et guinéen, les pourparlers débutent le 15 février prochain. Le gouvernement en a pris acte et compte jouer sa partition. « Nous allons œuvrer de part et d’autre pour créer les bonnes conditions pour un dialogue serein et fécond », assure le ministre Gilbert Bawara dans des propos rapportés dans ‘’Le Magnan Libéré’’ et ‘’La Dépêche’’.
A contrario, « les propos de certains leaders de la coalition qui s’arc-boutent sur les préalables font planer le doute sur le démarrage serein des discussions annoncées », relève ‘’Le Magnan Libéré’’. L’hebdomadaire questionne le côté où se trouve la « peur » d’aller au dialogue et regarde vers l’opposition, surtout son chef de file qui ne serait pas finalement un atout dans la lutte pour l’alternance qu’elle mène depuis quelque temps. « Sincèrement, avoir Jean-Pierre Fabre comme chef de file de l’opposition c’est avoir un boulevard en face parce qu’il contribue à l’échec des actions de l’opposition », insiste la publication.
Les mêmes incertitudes quant à l’aboutissement heureux du dialogue sont à lire dans ‘’Le Messager’’. « Qui veut torpiller les discussions ? » s’interroge le journal qui met à l’index lui aussi le président de l’ANC, en témoigne ses « menaces sur RFI de quitter la table des négociations si ses préalables ne sont pas traités au prime abord à l’ouverture des discussions ». Justement, à propos des préalables, ‘’Fraternité’’ pense qu’il aurait été mieux de résoudre cette « équation » avant même l’ouverture du dialogue pour gagner du temps et conserver l’énergie.
A en croire ‘’Liberté’’, « dans l’état d’esprit des tenants du pouvoir, les prochains pourparlers ne sont juste qu’un rendez-vous pour flouer l’opinion à propos d’une certaine disponibilité à discuter avec l’opposition ». Pourtant, le Professeur David Dosseh a fait part de sa crainte de voir l’option de la violence prendre le pas sur celle pacifique si ce énième dialogue échoue, ajoute le confrère.
Le Professeur Ayayi Togoata Apédo-Amah aussi se montre sceptique en ce qui concerne l’issue du dialogue. « Il faudra s’attendre à des jours sombres pour ce pays », prédit-il dans ‘’La Manchette’’. L’hebdomadaire estime que pour une réelle sortie de crise, il est important que les Forces Armées Togolaises soient présentes autour de la table du dialogue, même si, poursuit-il, elles ne sont pas trop enclines à œuvrer pour l’alternance. De son côté, le politique Alberto Olympio souligne qu’il est « ‘’hors de question’’ que Faure Gnassingbé reste encore au pouvoir après le prochain dialogue », rapporte ‘’Le Triangle des Enjeux’’ qui donne aussi à savoir que pour Kofi Yamgnane, le « bilan » des 13 ans de gouvernance de l’actuel président de la République est « sombre et drastique ».
Quoi qu’il en soit, « les acteurs politiques togolais ont l’obligation de trouver un compromis politique à l’issue du prochain dialogue », écrit ‘’La Dépêche’’. Et pour réussir, il faut faire en sorte de « ne plus tomber dans les erreurs du passé », recommande ‘’Fraternité’’, car de ces discussions-ci peuvent sortir des « décisions consensuelles qui feront grandir d’un cran la jeune démocratie togolaise ».
Dans un tout autre registre, ‘’La Dépêche’’ fait une « analyse croisée » des 50 ans de « règne » des Gnassingbé du père au fils. Pour le tabloid, le chef de l’Etat n’a pas su garder les vertus de son père qui sont, entre autres, le pardon. « De son papa, Faure n’a retenu que les méthodes de conservation du pouvoir. Il en abuse au point que son règne de 13 ans est plus décrié que les 38 ans du père », écrit le journal.
Au surplus, ‘’Liberté’’ informe que le Rapport de ‘’The Economist’’ sur la démocratie classe le Togo désigné « régime autoritaire » au 142è rang sur 167 pays. Par ailleurs, ‘’Le Triangle des Enjeux’’ révèle que Faure Gnassingbé serait le « principal bénéficiaire » de l’exploitation du phosphate au Togo.
Et puis, le 6 février dernier a marqué l’an un du retrait des fréquences à LCF et City Fm. ‘’Fraternité’’ et ‘’Le Triangle des Enjeux’’ publient une opinion de l’ex-directeur général du groupe auquel appartiennent ces deux médias. On y retient que tous ceux qui y avaient travaillé ont aujourd’hui la tête haute dans la mesure où la HAAC n’a pas « reproché » aux deux médias mentionnés supra une « faute professionnelle ». Aussi, Luc Abaki rappelle-t-il qu’il faut compter sur Dieu pour bien « payer » un travail bien fait plutôt que sur les hommes.
Le Service de Presse/HAAC